David Fallis.
David Fallis.

Pour terniner l’année 2013, le Manitoba Chamber Orchestra a présenté un concert de Noël baroque en collaboration avec l’ensemble Canzona, sous la direction du chef invité David Fallis. Cette charmante musique de Noël, dont certains airs étaient familiers, avait un caractère d’émerveillement et de ferveur qui nous a rapprochés de l’esprit des Noëls de notre enfance.

Les œuvres du programme provenaient de la collection personnelle de partitions que le claveciniste franco-manitobain Éric Lussier a donné au MCO il y a deux ans. En prévision de ce concert, le MCO a demandé à M. Lussier de choisir les œuvres de Noël qu’il préférait dans sa collection. Le choix final a retenu des pièces issues de différentes traditions de la musique baroque de Noël: la douce musique italienne qui semble bercer l’Enfant dans la mangeoire, les joyeuses mélodies françaises qui célèbrent le mystère de l’avènement de Jésus, ou les hymnes allemandes plus solennelles.

Éric Lussier.
Éric Lussier.

La première partie du concert fut uniquement instrumentale. Excellent interprète de la musique baroque, David Fallis a obtenu de l’orchestre une exécution vive et légère, superbement nuancée et accentuée, qui exprimait clairement le sens de la musique, sans besoin de paroles. Les oeuvres étaient parfaitement agencées autour du mystère de la naissance de Jésus. Le Concerto grosso en do majeur no 12 de Manfredini intitulé “Per il santissimo Natale” évoquait la scène de la Nativité. Il commence par une pastorale pour se terminer dans la joie de la naissance de Jésus. Cette joie éclate sur la terre et dans le ciel dans Noëls pour les instruments de Charpentier, une suite de chants de Noëls français, dont plusieurs font partie du répertoire traditionnel. Le Concerto Grosso en sol mineur no 8 de Corelli, “Per la notte di Natale”,  nous a ramenés près de la crèche, où les bergers accourus pendant la nuit contemplent ce grand avènement et s’émerveillent avant de repartir joyeux sur la musique de Introduttiono Treatralo en sol majeur, no 4 de Locatelli.

Un Te Deum éclatant

En deuxième partie, le choeur a interprété l’hymne d’action de grâces solennelle Te Deum, du compositeur bohémien Jan Dismas Zelenka, qui a vécu en Tchécoslovaquie et en Allemagne. C’est une œuvre qui suit les conventions de l’époque baroque, avec une ouverture éclatante après la proclamation des premiers mots Te Deum laudamus  (A Toi, Dieu, notre louange). Toute la musique est composée pour accompagner le texte et en exprimer le sens. Le choeur de 18 voix  a été excellent. Cette hymne qui s’élève vers les cieux repose beaucoup sur les voix de femmes. Plus nombreuses elles dominaient parfois les voix masculines, mais cela n’a pas nui outre mesure à la qualité musicale. Les quatre solistes, membres du chœur, Sarah Kirsch, soprano, Kirsten Scellenbertg, alto, Jan van des Hooft, ténor et Kris Kornelsen, baryton, ont été excellents. Ils ont chanté en respectant le caractère sacré de l’oeuvre, se concentrant sur le texte, sans chercher à s’imposer par leur voix. L’orchestre, auquel s’était ajouté des cuivres et des bois,  a accompagné le chœur avec brio, sous la direction inspirée et efficace de David Fallis.

Pierre Meunier

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici