La Paul Taylor Dance Company a été invitée pour la première fois à Winnipeg, du 13 au 15 novembre 2015, pour présenter trois des chorégraphies qui ont confirmé Paul Taylor comme l’un des plus grands chorégraphes de danse moderne américains.

Paul Taylor est né à Pittsburg en 1930. Il a fondé cette compagnie à New York en 1954, après avoir fait ses premiers pas comme danseur avec les compagnies de Merce Cunningham, Martha Graham, et George Balanchine. Il en est toujours le directeur artistique. L’une des premières compagnies de danse moderne américaine à faire des tournées, elle s’est produite dans plus de 500 villes et 62 pays. Encore aujourd’hui elle passe plus de la moitié de ses saisons en tournée. Parmi les danseurs et chorégraphes qui ont été membres de la compagnie on compte Twyla Tharp, David Parsons, Laura Dean, Dan Wagoner, Elizabeth Keen, Christopher Gillis, Senta Driver, Amy Marshall, et Lila York.

company b

La soirée a débuté sur un air de jeunesse avec Company B, une suite de danses sur des airs de Swing et de Boogie Woogie des années 1940 – 50, chantés par les célèbres Andrews Sisters. La chorégraphie colle à la musique, au texte des chansons et à la manière courante de les danser, dans le style des comédies musicales américaines. Ceux qui ont connu cette époque ont surement vécu d’agréables souvenirs et même peut-être eût le gout de se joindre à la danse. Ces chansons et ces danses exprimaient bien l’esprit d’après-guerre où la jeunesse américaine entrait dans un mouvement d’espoir et de liberté qui s’est exprimé avec force au tournant des années 60.

piazzola calderaGrâce à un éclairage parfaitement réussi et à des costumes aguichants, Piazzola Caldera nous a plongés dans l’atmosphère torride d’une milonga argentine où l’on a dansé le tango sur des musiques d’Astor Piazzolla et Jerzy Petersbursky. Les danseurs sont entrés dans le jeu de la séduction, de l’amour et de la déception en exprimant avec réalisme l’intensité émotionnelle et la sensualité qui caractérisent le tango. La chorégraphie très élaborée et précise respecte cependant la tradition du tango, les pas ne semblant pas prévus d’avance, les danseurs donnant l’impression d’improviser une marche à la destination impromptue.

La soirée s’est terminée par une des œuvres qui ont fait la célébrité de Paul Taylor, Esplanade. Elle est chorégraphiée sur le Concerto pour violon en mi majeur et les mouvements largo et allegro du Double concerto pour deux violons de Jean Sébastien Bach. Cette chorégraphie fait penser à des séquences d’images générées par des ondes sonores ou de la musique, esplanadequi se forment, se déforment et bougent avec les fréquences du son. Les pas et les mouvements des danseurs sont toujours en réaction à la musique, transforment la musique en mouvement, donnant à la danse un caractère primitif. On a l’impression à la fois d’entendre et de voir la musique. La musique de Bach, avec son rythme en contrepoint et ses nombreux passages fugués exige une grande dépense d’énergie de la part des danseurs, qui évoluent nu-pieds. Au moment où les croient à bout de souffle, ils s’élancent de nouveau dans des pirouettes, des sauts, des courses endiablées.

Après cette belle soirée de danse, nous sommes sortis du Pantages Theatre avec un sentiment de jeunesse et de bonheur. Cela m’a rappelé certaines soirées dansantes, lorsqu’un cercle se forme pour regarder danser quelques couples qui attirent l’attention par le plaisir qu’ils ont de danser ensemble dans une parfaite harmonie des corps et des cœurs; ou d’un enfant qui se met spontanément à danser en improvisant selon les mouvements et les émotions que lui inspire la musique, en toute liberté.

Pierre Meunier

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