Un conte du 17e siècle de Charles Perreault basé sur une histoire dont les origines remontent à l’Antiquité, une musique composée dans la première moitié du 20e siècle par Richard Rodgers, arrangée pour un grand ensemble de jazz par Ron Paley, et une chorégraphie classique de Val Caniparoli : voilà les ingrédients de l’éblouissant ballet A Cinderella Story.

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Le 31 mars 1957, le réseau de télévision CBS a présenté en direct la comédie musicale Cinderella, composée expressément pour la télévision par Rodgers (musique) et Hammerstein (paroles). Conçue pour faire la promotion de la jeune Julie Andrews, qui interprétait le rôle-titre, l’émission a eu une audience de plus de 100 millions de personnes. Ce fut la seule œuvre écrite pour la télévision par ce duo prolifique qui a marqué l’histoire de la comédie musicale américaine.

Val Caniparoli a fait l’adaptation chorégraphique de l’œuvre pour le RWB en 2004. Elle évoque avec beaucoup d’authenticité les années cinquante : la télévision s’implante de plus en plus dans les foyers et les premières télés en couleur font timidement leur apparition; le design des voitures se modernise; les salles de bal n’ont pas encore été remplacées par les discothèques et les écoles de danse Arthur Murray sont en vogue. L’histoire est traitée avec modernité et beaucoup d’humour. Nancy (Cendrillon), fille d’un riche homme d’affaires le plus souvent en voyage et orpheline de sa mère, mène une vie dans histoire, fascinée par la télévision et affectionnant son chien. Sa vie sera bouleversée par l’arrivée d’une belle-mère avec ses deux filles, qui lui sont peu sympathiques et avec qui elle est en constant conflit. Il n’y a pas de roi ni de prince dans cette histoire, mais Bob, un beau jeune homme et excellent danseur, qui fait rêver les jeunes filles. C’est Bob qui perd un soulier lorsqu’il est chassé de l’école de danse où il n’a rien à apprendre et Nancy qui le récupère. Plus tard, en fuyant la salle de bal sur le coup de minuit, la jupe de Nancy se coince dans les portes de l’ascenseur et Bob s’en empare dans l’espoir de retrouver celle dont il est tombé amoureux. Après s’être retrouvés, Nancy et Bob, avec la famille réconciliée, regardent la comédie musicale Cinderella à la télévision.

La qualité de la danse, de la musique, des décors et des costumes font le succès de cette production éblouissante. Caniparoli a écrit une chorégraphie classique (danse sur pointes) qui colle parfaitement à la musique de jazz et au style de danse sociale de cette époque. Les excellents danseurs du RWB donnent une performance époustouflante. Ils dansent avec leur habituelle perfection technique mais dans l’esprit d’une comédie musicale : plus dégagés, davantage portés par la musique.

La musique est un arrangement de Ron Paley pour grand orchestre de jazz d’une vingtaine de chansons de Richard Rodgers, sur lesquelles on dansait autrefois dans les salles de bal. Magnifiquement interprétée par le Ron Paley Big Band de Winnipeg, la musique non seulement inspire les danseurs mais aussi les auditeurs : ils étaient nombreux à danser sur leur siège au rythme de ces chansons.

Enfin les décors et les costumes, conçus par Sandra Woodall, évoquent avec beaucoup de créativité l’ambiance des années 50. Ce qui frappe instantanément, c’est le jeu des couleurs pastel qui rappelle l’époque du technicolor et des débuts de la télévision en couleur. L’éclairagiste Alexander V. Nichols a fait une très belle mise en lumière.

Ce superbe spectacle est à l’affiche jusqu’au 21 février 2016 à la Salle de concert du Centenaire.

http://www.rwb.org/whats-on/show/a-cinderella-story

Pierre Meunier

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