C’est sur l’envol de Peter Pan vers son pays imaginaire de Nederland après de touchants adieux à son amie Wendy que s’est terminé le ballet fantastique Peter Pan et qu’a pris fin la 76e saison du Royal Winnipeg Ballet. 

Commandé par le RWB et créé en 2006, le premier grand ballet du chorégraphe Jorden Morris, Peter Pan, fut le plus grand succès de la compagnie, jusqu’à ce qu’il soit dépassé trois ans plus tard par son deuxième, Moulin Rouge. Morris a fait preuve d’une imagination fertile et d’une grande créativité dans l’adaptation de l’histoire fantastique de Peter Pan et Wendy, de l’auteur écossais J. M. Barrie.

D’abord une pièce de théâtre présentée pour la première fois en 1904, elle fut publiée sous forme de roman en 1911. Très populaire, cette œuvre a connu plusieurs adaptations, dont l’une des plus connues est le long métrage en dessin animé de Walt Disney, lancé en 1953. Elle raconte l’histoire de Peter Pan, un jeune garçon qui refuse de grandir, et de Wendy, une jeune femme dont il tombe amoureux et qu’il entraîne avec ses jeunes frères au pays imaginaire de Neverland, pour devenir la mère d’une petite famille de quatre garçons perdus, jadis tombés de leur landau. Après avoir survolé Londres comme des oiseaux, ils arrivent à Neverland où ils vivront de nombreuses aventures, dont une confrontation avec le redoutable Capitaine Hook. Après avoir vaincu le Capitaine Hook, Peter Pan acceptera de ramener Wendy, avec ses deux frères et les quatre garçons, chez ses parents à Londres. Ces derniers décident d’adopter les quatre garçons. Wendy et Peter Pan se séparent ensuite avec de déchirants adieux, ce dernier s’envolant pour retourner dans le Neverland.

crédit photo : RWB
crédit photo : RWB

Peter Pan est un merveilleux spectacle qui nous entraîne avec beaucoup de plaisir dans l’univers fantaisiste de cette histoire invraisemblable, racontée en 34 tableaux sur un collage musical d’extraits d’œuvres de Benjamin Britten, Eric Coates, Edward Elgar, Ron Goodwin et Montague Phillips. Le rythme de l’action est soutenu, maintenant l’intérêt du début à la fin. Les personnages sont bien caractérisés et les tableaux très explicites, ce qui permet notamment aux enfants, qui étaient nombreux dans la salle, de suivre le récit avec facilité. Le départ vers Neverland n’est pas simplement symbolisé mais Peter Pan, Wendy et ses frères s’envolent littéralement de la scène, suspendus à un jeu de câbles invisibles.

La chorégraphie, basée sur la danse classique, est originale et parfaitement adaptée à l’histoire. Elle exprime les valeurs et les émotions avec efficacité : l’amour complice entre Wendy et ses frères; l’attrait amoureux qui se développe entre Wendy et Peter Pan, qui provoque la jalousie de la fée Tinkerbell, son amie fidèle et dévouée; l’inquiétude des parents après la disparition de leurs enfants; la compassion envers les jeunes garçons perdus dans Neverland; la méchanceté des pirates commandés par le cruel capitaine Hook.

Tous les membres de la distribution du 5 mai (et du 7) ont dansé avec beaucoup d’enthousiasme et de plaisir. Dmitri Dovgoselets (Peter Pan) a donné une performance énergique et athlétique tout en faisant preuve d’une grande tendresse dans ses pas de deux avec Wendy (Élizabeth Lamont). Mme Lamont a su parfaitement exprimer les émotions de cette jeune adolescente pleine de compassion, troublée par l’éveil d’un premier amour. Saeka Shirai, une jeune japonaise qui a intégré la compagnie comme apprentie en 2015, a personnifié avec un humour irrésistible la jeune fée Tinkerbell en crise de jalousie. Elle fut la révélation de la soirée. Josh Reynolds (le capitaine Hook) a rivalisé d’adresse et de force avec Peter Pan dans les scènes de combat, exprimant avec humour sa frayeur à chaque apparition du crocodile, animé par Kostyantyn Keshyshev. Tyler Carver a donné vie de manière très attendrissante à Nana, le chien de Wendy.

Les costumes, les décors et l’éclairage étaient superbes, créant un univers scénique évoquant les belles images d’un livre de contes de fées. Comme toujours, l’accompagnement de l’Orchestre symphonique de Winnipeg, dirigé par Tadeusz Biernacki fut irréprochable.

 Pierre Meunier

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