L’enfant prodige de la flûte à bec Lucie Horsch, 16 ans, a fait des débuts étincelants avec le Manitoba Chamber Orchestra le 27 avril 2016, dans un superbe programme de musique baroque consacré à Vivaldi et Mozart.

Tycho Van Der Ouderam

Originaire des Pays-Bas, Lucie Horsch a commencé à apprendre la flûte à bec à l’âge de 5 ans à l’École de musique d’Amsterdam et depuis 2011, elle étudie la flûte et le piano à l’Académie Sweelinck du Conservatoire d’Amsterdam. Elle fait aussi partie du Chœur national des jeunes des Pays-Bas. Elle a gagné de nombreux concours depuis l’âge de 7 ans, ce qui lui a ouvert les portes de la radio et de la télévision néerlandaise, où elle a été invitée à donner plusieurs concerts. Représentante des Pays-Bas au concours Eurovision pour jeunes musiciens en 2014, elle a atteint la ronde finale. Son interprétation du Concerto pour flautino en sol majeur de Vivaldi a été télédiffusée en direct dans plusieurs pays et l’a fait connaître à l’extérieur des Pays-Bas. Étudiante au secondaire, elle profite des périodes de congé scolaire pour faire des tournées de concerts.

Maître de violon au Pio Ospedale della Pietà, un orphelinat pour jeunes filles où l’on donnait une formation musicale de très haut niveau, Vivaldi a composé une grande partie de son œuvre pour les jeunes musiciennes, qui donnaient des concerts publics très courus. Lui-même virtuose du violon, Vivaldi a écrit des concertos exigeant une très grande virtuosité des solistes, quelque soit l’instrument. Charles de Brosses, un érudit français de l’époque, écrivit à un ami, au cours d’un voyage à Venise : « La musique transcendante ici est celle des hôpitaux. (…) On exerce (les jeunes filles) uniquement à exceller dans la musique. Aussi chantent-elles comme des anges, et jouent du violon, de la flûte, de l’orgue, du hautbois, du violoncelle, du basson ; bref, il n’y a si gros instrument qui puisse leur faire peur. Celui des quatre hôpitaux où je vais le plus souvent et où je m’amuse le mieux, c’est l’hôpital de la Piété ; c’est aussi le premier pour la perfection des symphonies. »

Le concert que nous avons entendu le 27 avril aurait mérité semblables éloges de la part de M. de Brosses. Lucie Horsch n’est certes pas une orpheline ou une enfant abandonnée, mais elle excelle dans l’art de la flûte et maîtrise les œuvres de Vivaldi comme devaient le faire les jeunes filles de la Pietà. Son jeu est éblouissant. Ni les rythmes très rapides, ni les arpèges répétés, ni les trilles sur aiguës, ni les très longues lignes mélodiques ne lui font peur. Tout est accentué, nuancé lié et ponctué à la perfection. À part quelques très rares menus accrocs inévitables sur cet instrument, toutes les notes sont justes et claires. Exerçant un bon contrôle du souffle, elle réussit de longs et magnifiques phrasés avec une merveilleuse musicalité.

Anne Manson, très à l’aise dans son répertoire préféré, a assuré un accompagnement des concertos de grande qualité artistique qui a bien servi l’objectif de ces œuvres qui est de faire briller le soliste. Elle aussi interprété avec brio une symphonie de Vivaldi et deux de Mozart, qui font de l’Orchestre de chambre de Winnipeg, en paraphrasant M. de Brosses, « celui où l’on s’amuse le mieux et le premier pour la perfection des symphonies. »

Manitoba Chamber Orchestra
Westminster United Church, Winnipeg
Le 27 avril 2016
Anne Manson, chef
Lucie Horsch, flûte

Sinfonia en sol mineur (RV 157)     Antonio Vivaldi
Concerto pour flûte en do mineur (RV 441)     Antonio Vivaldi
Symphonie no 15 en sol majeur (K 124)     Wolfgang Amadeus Mozart
Concerto pour flautino en sol majeur (RV 443)     Antonio Vivaldi
Symphonie no 17 en sol majeur (K 129)     Wolfgang Amadeus Mozart

 Pierre Meunier

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