Crédit photo : Simeon Rusnak

Le Royal Winnipeg Ballet (RWB) présente jusqu’au 4 mars le grand classique de Tchaïkovski La Belle au bois dormant. Cette production haute en couleurs séduit par la performance de très grande qualité des danseurs, campée dans de superbes décors et accompagnée par une interprétation magistrale de la musique par l’Orchestre symphonique de Winnipeg.

Une chronique de Pierre MEUNIER

La Belle au bois dormant est un ballet de Piotr Ilitch Tchaïkovski avec prologue, en trois actes et cinq tableaux basé sur le mémorable conte des frères Grimm et de Charles Perrault.
La conclusion est celle du conte des frères Grimm : les parents de la princesse Aurore survivent aux cent ans de sommeil pour célébrer le mariage de leur fille.

Il a été créé le 15 janvier 1890 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, dans une chorégraphie de Marius Petipa, qui est considérée comme le chef d’œuvre de ce grand chorégraphe.

L’œuvre est un hommage à la France de l’ancien régime royal. La musique de l’Apothéose, qui clôt le ballet, est une parodie sans paroles de la chanson Vive Henri IV! d’Eustache Du Caurroy, composée sur la mélodie d’un ancien noël populaire, devenue à l’époque un des hymnes de circonstance de la royauté.

La Belle au bois dormant est un joyau du répertoire classique du RWB depuis 2002.

Le ballet reprend la chorégraphie de Petipa. Les costumes romantiques, très colorés, ont été créés par Shannon Lovelace et Anne Armit. Les somptueux décors, sans doute parmi les plus beaux du RWB, sont l’œuvre de Michael Eagan et sont subtilement éclairés par Michael J. Whitfield.

Dirigé par Earl Stafford, l’Orchestre symphonique de Winnipeg accompagne les danseurs avec une très belle interprétation de la musique de Tchaïkovski, empreinte de sensibilité et parfaitement rythmée.

Comme ils nous y ont habitués, les danseurs de la compagnie donnent une performance de très haut niveau. Les numéros d’ensemble sont exécutés avec élégance dans un synchronisme parfait.

Dans la représentation du 28 février (1), Chenxin Liu, dans le rôle de la princesse Aurore, danse avec beaucoup de grâce et démontre une grande maîtrise et beaucoup d’endurance dans de longues positions statiques en arabesque pendant qu’elle est courtisée par quatre princes prétendants.
Josh Reynolds, qui personnifie la méchante fée Carabosse exprime avec conviction la cruauté et la perfidie du personnage.
Dmitri Dovgoselets, dans le rôle du prince Désiré, impressionne par ses sauts acrobatiques et athlétiques.

Les pas de deux, évoquant des personnages de contes de Charles Perreault, qui animent les noces de la princesse Aurore et du prince Désiré au troisième acte, sont exécutés à la perfection.

Ceux de La Chatte blanche et le Chat botté, avec Sarah Davey et Stephan Azulay, et Le Petit chaperon rouge et le loup, avec Alanna McAdie et Liam Caines sont hilarants.

Le tableau final de l’Apothéose, alors que toute la cour est rassemblée et rend hommage à Apollon en costume de Louis XIV brillant comme le soleil, est grandiose, pendant que l’Orchestre exécute avec grande pompe l’hymne Vive Henri IV!.

La Belle au bois dormant est à l’affiche jusqu’au 4 mars 2018 à la Salle de concert du Centenaire de Winnipeg.

(1) Différents solistes alternent dans les rôles principaux au cours de la série de représentations.

Plus d’informations sur https://rwb.org/whats-on/show/TheSleepingBeauty

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