C’est ensemble que 80 personnes adultes se sont composé un choeur de circonstance pour honorer les pionnières de l’Ouest canadien. Bruce Waldie et les choristes sont engagés dans un mouvement de complicité spontanée vers le photographe lors d’une répétition pour le spectacle Elles s’appelaient Marie. Photo: Daniel Bahuaud

Cent choristes jeunes et adultes, une brochette de solistes et une narratrice rendront hommage le 16novembre d’une seule voix aux femmes pionnières qui ont contribué à l’aventure de l’Ouest canadien. Ces femmes? Elles s’appelaient Marie.

Par Daniel BAHUAUD

En 2012, soeur Jeannine Vermette a assisté au Choralies internationales à Edmonton, où elle a pu entendre Elles s’appelaient Marie, une grande fresque musicale composée par Marie France Levasseur Ouimet.

« J’étais enchantée. Quel bel hommage à nos ancêtres! En l’espace d’une soirée Mme Ouimet avait réussi à brosser le portrait type d’une femme canadienne-française venue du Québec pour s’établir dans l’Ouest. Et en concevant cette femme fictive, elle nous avait présenté toutes les femmes pionnières. Ainsi je pouvais facilement retrouver ma grand-mère Vermette, et ma grand-mère Dorge.

« Tant d’autres Franco-Manitobains de souche vont aussi pouvoir retrouver leurs ancêtres dans le récit. Les nouveaux arrivants, pour leur part, vont pouvoir découvrir ces femmes fortes : leur courage, leurs défis, leur foi. Il fallait absolument présenter ce spectacle dans le cadre du 200e anni versaire de l’arrivée du clergé catholique dans l’Ouest. »

Intimement convaincue de l’importance de l’ouvrage de Marie France Levasseur Ouimet, Jeannine Vermette a fait appel aux musiciens Gérard Jean (encore plus connu comme Ziz) et Bruce Waldie.

Résultat : Elles s’appelaient Marie présente 16 chansons interprétées par un choeur de 80 choristes venus de partout au Manitoba, accompagnés des 20 jeunes voix de la chorale des Petits Intrépides. Le tout enrichi de solos au violon et à l’accordéon, de la projection d’images et d’une narration qui retrace symboliquement la vie d’une jeune Québécoise du nom de Marie.

Elles s’appelaient Marie est divisé en trois tableaux : La Vie, La Mort et La Renaissance.

La narration a été confiée à Gisèle Marion : « Dans La Vie, Marie est la plus jeune d’une famille bien nantie. Son père décide de fêter ses 16 ans. C’est alors qu’elle rencontre son futur mari, qui n’est pas riche. Mais il est déterminé, et Marie est rapidement éprise de ce gars qui vient d’une terre inconnue, étrangère.

« Dans La Mort, Marie incarne le vieux dicton Qui prend mari, prend pays. Le couple arrive au Manitoba, au milieu de la prairie qu’il faut dompter. Le couple construit une maison en tourbe. C’est une vie de survie. Un défi inimaginable pour bien des jeunes et des moins jeunes.

« Tragiquement, Marie perd son premier bébé. Comme bien des femmes pionnières. Dans notre adaptation manitobaine, son époux part à la recherche d’une sage-femme à Saint- Laurent, mais c’est trop tard. Marie connaît une douleur profonde, inexprimable. Seule la chorale arrive à l’exprimer dans un Stabat mater. (2)

« La Renaissance vient après la mort. Marie persévère. Elle s’enracine dans ce nouveau pays. Elle élève sa famille, contribue à une communauté qui grandit. Ce n’est pas facile, c’est sûr. Quand tu te lances dans un projet pionnier, tu t’adaptes ou tu perds la tête.

« Elles s’appelaient Marie me fait penser à une des aînées de mon village de Saint-Malo, Florence Preteau. Elle a 97 ans. Elle en a vu et vécu des expériences! Sa famille n’était pas en moyens. Et son mari devait partir au Nord pour gagner de l’argent. Entre-temps, elle était seule avec leurs enfants, les animaux de la ferme. J’ai énormément d’admiration pour cette femme. Comme pour toutes nos Marie. »

(1) Elles s’appelaient Marie sera présenté le 16 novembre à 19 h 30 à la Cathédrale de Saint- Boniface. L’entrée est gratuite. Le public est invité à faire un don pour le centre Flavie-Laurent.

(2) Le Stabat Mater est le cantique où Marie contemple son fils Jésus, mort sur la croix.

 

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