Soukaina Boutiyeb, directrice générale de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne, veut que les besoins des femmes francophones et acadiennes en milieu minoritaire soient entendus par les partis politiques en course pour les élections fédérales. Photo : Gracieuseté Alliance des femmes de la francophonie canadienne

C’est à cette question que veut répondre l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC). À trois mois des élections fédérales qui se tiendront le 21 octobre prochain, l’organisme, en partenariat avec la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l’Université d’Ottawa, vient de lancer une consultation à travers le Canada pour connaître les besoins des femmes francophones et acadiennes en milieu minoritaire. Les femmes intéressées à faire entendre leurs voix auront jusqu’au 4 août pour participer à cette initiative. Soukaina Boutiyeb, la directrice générale, détaille les raisons du projet.

 

Par Amélie DAVID

La Liberté : Pourquoi organiser cette consultation?

Soukaina Boutiyeb : La plupart du temps, quand il y a des consultations organisées, elles sont générales et ne sont pas ciblées. Pour nous, l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC) qui est un organisme porte-parole, les femmes francophones et acadiennes ont des besoins spécifiques par rapport à leur réalité et à leur région. C’est pour cette raison qu’il est important d’organiser une telle consultation (1).

L.L : Vous avez aussi choisi un temps spécifique puisque vous la lancez à quelques mois des élections fédérales qui auront lieu le 21 octobre.

S.B. : En effet, nous voulions saisir cette chance là, faire connaître les priorités des femmes francophones et acadiennes et les enjeux qu’elles sont en train de vivre. Nous sommes conscientes qu’une femme qui vit en Saskatchewan ne fait pas face aux mêmes réalités qu’une femme qui vit au Nunavut ou à Ottawa. Ce sont des réalités qui sont en même temps communes et spécifiques à chacune. Surtout, nous ne voulons pas parler en leur nom sans les consulter.

L.L : Estimez-vous que les femmes francophones et acadiennes ne sont pas assez écoutées par la classe politique?

S.B. : Tout à fait. Ce que nous pouvons remarquer c’est que les organismes de femmes francophones, comme par exemple la coalition des femmes francophones de l’Alberta, sont sous financés. Comment peut-on avoir des organismes sous financés et en même temps faire un travail correct pour faire valoir les droits de ces femmes-là? L’investissement pour les femmes francophones n’est pas toujours au rendez-vous.

L.L : La consultation prend fin le 4 août prochain. Que va-t-il se passer ensuite?

S.B. : Nous allons publier un rapport, rédigé par les employés de l’AFFC, qui va mettre en lumière tous les enjeux et les priorités. Les résultats du sondage seront dévoilés dans le cadre de notre congrès annuel, qui se déroulera sous le thème « Mettons l’accent où ça compte! » du 13 au 15 septembre à Ottawa. À partir du rapport, nous allons envoyer des questions aux partis politiques auxquelles ils seront invités à répondre.

L.L : Qu’attendez-vous de ce questionnaire?

S.B. : Nous ne le voyons pas comme un moyen de pression mais surtout de sensibilisation et de conscientisation. Cette consultation doit permettre aux partis politiques de prendre des positions concrètes pour répondre aux enjeux soulevés dans le rapport. Les femmes francophones et acadiennes en milieu minoritaire sont généralement les piliers de nos communautés. Nous avons des communautés francophones qui sont vivantes grâce aux femmes. Malheureusement, nous voyons toujours que du côté des politiques, les projets ne concernent pas nécessairement les femmes selon leurs besoins. Nous voulons amener la classe politique à changer sa façon de faire.

 

(1) Il est toujours temps de prendre part au sondage : https://affc.ca/elections2019/

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici