Tracie Afifi, docteure, professeure à l'Université du Manitoba et chercheuse au département des sciences de la santé communautaire. Photo : gracieuseté Tracie Afifi

Membre du conseil d’administration de Snowflake place for Children and Youth (1), la docteure Tracie Afifi est professeure à l’Université du Manitoba et chercheuse dans le département des sciences de la santé communautaire. Selon elle, une organisation comme Snowflake, dont la mission première est d’accueillir enfants et adolescents victimes de différentes sortes d’abus pour les faire témoigner, reste essentielle au Manitoba.

 

Par Amélie DAVID

 

La Liberté : Est-ce que le fait de témoigner dans un centre comme Snowflake permet à l’enfant de livrer plus de détails et d’informations ?

Dre Tracie Afifi : Nous n’avons pas de données exactes là-dessus. Mais, ce qui est certain, c’est que les enfants ont plus de temps, ils se sentent plus confortables et en sécurité à Snowflake que dans un poste de police. Je pense qu’ils ne sont pas aussi nerveux que dans d’autres situations. Donc, en effet, ils doivent sûrement livrer plus d’informations quelque part.

LL : Pourquoi le Manitoba a-t-il besoin d’un plus grand centre ?

Dre Afifi : Snowflake est très petit. Le centre ne peut accueillir que deux familles par jour, car il n’accueille pas de famille en même temps. A ce jour, le centre est arrivé à capacité. Il y a tellement d’enfants qui ne peuvent pas aller à Snowflake ! Et puis, il y a des familles qui ne s’y rendent pas pour des raisons pratiques : pour des raisons de stationnement ou même parce que c’est dans le centre-ville de Winnipeg et qu’elles ne se sentent pas d’y venir.

LL : Quels sont les autres besoins au Manitoba pour permettre aux victimes une meilleure prise en charge ?

Dre Afifi : Le Manitoba n’est pas unique. Au Canada en général, nous avons besoin de faire un meilleur travail de prévention mais aussi permettre aux gens de prendre conscience de la situation. Les gens ne se rendent pas compte que c’est une question de santé publique. Il faut investir dans le domaine de la recherche et des sciences pour trouver de meilleurs moyens d’intervenir et de faire de la prévention.

 


Snowflake place, en chiffres

 

  • 310 enfants ont été accueillis par le centre entre 2017 et 2018;
  • Sur ces 310 enfants:
    – 236 étaient victimes d’abus sexuels;
    – 63 d’abus physiques;
    – 5 des deux ;
    – 6 d’autres problèmes
    – 229 étaient des filles;
    – 80 étaient des garçons;
    – 1 était transgenre;

 

 

(1) Retrouver le reportage complet sur Snowflake place dans l’édition de La Liberté du 28 août au 3 septembre.

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