L’activité économique canadienne s’est nettement contractée au deuxième trimestre, en raison de la chute des exportations plombées par les droits de douane imposées par le président américain Donald Trump.
Le PIB de la 9e puissance économique mondiale a reculé de 1,6 % par rapport au premier trimestre, en rythme annualisé, selon les données publiées vendredi par Statistique Canada. Il s’agit du premier recul en sept trimestres pour le PIB canadien.
L’agence gouvernementale a également revu à la baisse la croissance du premier trimestre à 2 % en rythme annualisé contre 2,2 % annoncé fin mai.
Les exportations de biens affichent une baisse marquée, note l’institut, l’imposition de droits de douane par les Etats-Unis ralentissant le commerce entre les voisins nord-américains.
Les exportations ont diminué de 7,5 % au deuxième trimestre, après avoir augmenté de 1,4 % au premier trimestre.
En raison des droits de douane imposés par les États-Unis, les exportations internationales de voitures automobiles et de camions légers ont fortement reculé (-24,7 %) au deuxième trimestre. Les exportations de machines, matériel et pièces industriels (-18,5 %) et celles des services de voyages (-11,1 %) ont aussi diminué, écrit Statistique Canada dans son communiqué.
Le recul de l’activité pourrait augmenter les chances d’une baisse des taux d’intérêt par la Banque du Canada en septembre. Cette dernière a maintenu ses taux inchangés à 2,75 % lors de ses trois dernières réunions.
“En clair, la guerre douanière avec les États-Unis a été désastreuse pour l’économie canadienne”, écrit Royce Mendes, analyste pour la banque Desjardins qui note une absence de signe de reprise pour le troisième trimestre malgré des “tensions commerciales qui s’apaisent”.
En août, le Canada a annoncé qu’il supprimait les droits de douane jusqu’ici imposés aux produits américains, respectant les conditions du traité de libre-échange nord-américain (ACEUM), un geste répondant aux exemptions accordées en début de mois par Washington sur les produits canadiens.
Les deux pays poursuivent par ailleurs leurs discussions pour parvenir à un accord dans les mois qui viennent.
Dans ce contexte compliqué, Andrew Grantham, analyste pour la banque CIBC note toutefois une lueur d’espoir au deuxième trimestre avec la croissance de 3,5 % de la demande intérieure.
Cette croissance a été principalement stimulée par les dépenses de consommation finale des ménages, qui ont bondi de 4,5 % en rythme annualisé, et les dépenses de consommation finale des administrations publiques, qui ont bondi de 5,1 %, a noté Statistique Canada.
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