Par Sophie GAULIN, directrice et rédactrice en chef de La Liberté.
Les journaux, ici comme ailleurs, se battent pour protéger leur contenu face aux sites d’intelligence artificielle qui pratiquent la récupération automatisée de contenus, aspirant textes et données sans toujours respecter le travail journalistique ni les droits d’auteur. Cette réalité soulève une question essentielle : comment encadrer l’intelligence artificielle de manière éthique, responsable et durable, tout en reconnaissant son immense potentiel?
Car l’IA n’est pas qu’un défi, elle est aussi une formidable source de possibilités. Elle transforme nos façons de travailler, d’analyser et de comprendre le monde. Mais à mesure que ces technologies évoluent à une vitesse fulgurante, il devient urgent de prendre un pas de recul. L’année 2025 nous l’a clairement démontré : en quelques mois à peine, des outils qui semblaient encore expérimentaux sont devenus omniprésents dans nos vies quotidiennes. Cette accélération impose une réflexion collective sur l’usage, les limites et les valeurs que nous souhaitons défendre.
L’éthique en intelligence artificielle ne doit pas être un simple mot à la mode. Elle touche directement à la protection de l’information, à la qualité du débat public, au respect du travail humain et à la confiance des lecteurs. Dans ce contexte, le rôle des médias demeure fondamental. Informer avec rigueur, expliquer avec nuance et offrir des contenus vérifiés n’a jamais été aussi crucial.
C’est d’ailleurs dans cet esprit que s’inscrit la publication récente du rapport du Comité multipartite sur le journalisme local au Manitoba, présidé par Robert Loiselle, député de Saint-Boniface. Mis sur pied en mai 2025 par le gouvernement du Manitoba, ce comité avait pour mandat d’examiner l’état et l’avenir du journalisme local dans la province — incluant les médias ruraux, nordiques et culturels — et d’explorer les moyens par lesquels le gouvernement peut contribuer à leur pérennité.
Tout au long de 2025, ces membres ont mené un vaste travail de consultation à travers la province, donnant la parole aux médias, aux organisations et aux citoyens. L’équipe et le conseil d’administration de La Liberté se réjouissent d’avoir été entendus dans ce cadre et saluent la rigueur, l’écoute et le sérieux qui ont marqué les travaux du comité. Les constats et recommandations formulés font écho à des enjeux que nous soulevons depuis longtemps, notamment en matière de reconnaissance du travail journalistique, de financement durable des médias locaux et de confiance du public.
Si les mesures proposées sont mises en œuvre, elles pourraient constituer des leviers structurants et porteurs pour l’avenir du journalisme local et permettre au Manitoba de se positionner parmi les juridictions canadiennes de référence en matière de soutien aux médias locaux et communautaires.
Alors que nous entamons cette nouvelle année, permettez-moi de vous souhaiter une excellente année 2026. Une année que je nous souhaite curieuse, réfléchie et humaine. Dans un monde saturé d’écrans et de notifications, prenons aussi le temps de nous en éloigner. Trouver des moments de pause, de lecture et de réflexion est essentiel, notamment pour le bon développement des plus jeunes, mais aussi pour notre propre équilibre. Lire son journal, c’est ralentir, comprendre et se reconnecter à l’essentiel.
Ce numéro de janvier est aussi l’occasion de dire merci. Merci à toutes celles et ceux qui ont contribué par leurs dons à La Liberté. Grâce à votre générosité, nous avons atteint le cap des 100 000 $ de dons à la fin de l’année 2025. Vos dons nous permettent de financer deux postes de journalistes. Deux voix pour interroger, raconter, analyser et veiller à garder notre communauté vivante, vibrante et informée.
En 2026, plus que jamais, continuons à avancer ensemble.


