« Le 14 janvier, en réponse aux inquiétudes croissantes et aux nombreux reportages concernant le fait que la plateforme soit utilisée pour créer et partager des images explicites, le Commissaire à la protection de la vie privée a décidé d’élargir l’enquête afin de se pencher sur cette question », peut-on lire sur le site du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada.

Pour rappel, le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada avait déjà lancé une enquête initiale sur X Corp., qui exploite la populaire plateforme de média social X (anciennement Twitter), le 27 février 2025.

L’objectif était de savoir si l’entreprise respectait ses obligations au titre de la loi fédérale canadienne sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE).

En ce début janvier, le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Philippe Dufresne, a donc élargi son enquête à xAI, l’entreprise d’intelligence artificielle (IA) responsable de Grok.

« Les enquêtes élargies permettront d’établir si X Corp. et xAI ont obtenu le consentement valide des individus concernés pour la collecte, l’utilisation et la communication de leurs renseignements personnels afin de créer des hypertrucages, y compris du contenu explicite, au moyen de Grok, et si les entreprises ont recueilli, utilisé et communiqué ces renseignements conformément à la LPRPDE », précise le Bureau du Commissaire.

Fin décembre et début janvier, Grok, a permis de truquer des photos pour générer de fausses images dénudées.

AI Forensics, une organisation européenne à but non lucratif qui enquête sur les algorithmes et les droits numériques, a récemment analysé plus de 20 000 images générées par Grok et 50 000 requêtes effectuées par des utilisateurs.

Il a été constaté que 53 % des images générées par l’outil contenaient des personnes légèrement vêtues, dont 81 % étaient des femmes.

Depuis, X, la plateforme d’Elon Musk, a indiqué avoir « mis en place des mesures technologiques pour empêcher le compte Grok de permettre l’édition d’images de personnes réelles dans des tenues déshabillées, comme des bikinis ».

Le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada dit d’ailleurs avoir pris note de la mise à jour ultérieure de l’entreprise.

Néanmoins, la polémique reste vive. Outre le Canada, des procédures judiciaires ou administratives ont été ouvertes dans le monde. L’Indonésie, la Malaisie ou encore les Philippines ont notamment déjà annoncé leur intention de suspendre l’accès à Grok.