Plus qu’une émission d’histoires de crimes, Taken est un appel à l’action.

L’émission va à la rencontre des familles et des proches d’individus autochtones assassinés ou disparus, des cas qui sont si révélateurs d’un enjeu systémique national qu’ils ont conduit au lancement de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées en 2016.

« La quatrième saison s’est terminée avec l’espoir que l’enquête nationale allait apporter des changements importants », explique Dinae Robinson, productrice exécutive de l’émission.

« Nous espérions que cela allait faire avancer les choses, que les appels à l’action seraient mis en œuvre. Mais malheureusement, il n’y a pas eu beaucoup de changements. »

Taken est donc de retour à l’écran, offrant non seulement aux communautés un moyen d’honorer leurs proches, mais soulignant aussi l’importance de ces récits.

« Quand je pense à Taken, je pense au mot amour. Je pense à la force dont font preuve les familles, qui nous font confiance pour raconter l’histoire de leurs proches, mais aussi qui se battent activement pour tourner la page. »

« Pendant longtemps, les histoires des peuples autochtones n’ont pas été prises au sérieux. Taken remet cela en question et montre au public que ces personnes comptent, que leurs histoires comptent. »

La productrice ajoute qu’elle a remarqué une prise de conscience plus importante chez les familles, les autorités et le grand public.

Bien que la mise en œuvre des appels à l’action résultant de l’Enquête nationale ait semblé insuffisante à beaucoup, elle affirme qu’elle a au moins permis de mieux comprendre les cicatrices laissées par le colonialisme et ses effets persistants.

Taken au Manitoba

Cette saison raconte plusieurs cas se déroulant à travers le Manitoba, à Winnipeg, The Pas, Sagkeeng First Nation et Poplar River First Nation.

Elle présente notamment l’organisme Bear Clan Patrol de Winnipeg et la façon dont son équipe aide une famille à rechercher un proche disparu. Une autre histoire manitobaine met en lumière l’implication continue de la famille dans l’affaire de leur proche.

« Les parents font un voyage en canoë du nord du Manitoba jusqu’à Winnipeg pour sensibiliser le public à la disparition de leur fils. »

« Je suis émue quand je pense à la force dont ont fait preuve toutes ces familles et à leur combat inébranlable et sans relâche pour obtenir des réponses », déclare Dinae Robinson, la larme à l’oeil.

La série en cérémonie

Fière de son identité Anishinaabe, la société de production derrière Taken, Eagle Vision, veille à ce que toutes ses productions soient étroitement liées à la cérémonie : « nous invitons des aînés et ouvrons chaque production avec une cérémonie du calumet. »

Dinae Robinson ajoute que dans chaque communauté où ils sont allés tourner Taken, ils se présentent comme une équipe basée à Treaty One, à Winnipeg.

Ils offrent de l’herbe douce cueillie dans la Première Nation de Long Plain, offrent du tabac et suivent leurs propres coutumes, tout en reconnaissant celles de la communauté qu’ils rencontrent.

« Nous suivons toujours ce qui leur semble confortable et honorable. Si la personne le souhaite, nous faisons toujours des purifications et avons des remèdes à portée de main. Et nous demandons toujours si elle souhaite avoir une personne de soutien avec elle. »

Pendant les entrevues, l’équipe de production a également conservé « toutes les larmes et les mouchoirs » pour les brûler dans un feu sacré lors de la cérémonie de clôture de la production, qui a eu lieu le premier jour de diffusion. « On nous a dit de ne pas jeter ces mouchoirs, car ils sont considérés comme des remèdes très sacrés. »

Des ressources supplémentaires sont disponibles sur le site web de la série à l’adresse takentheseries.com/supports, notamment une trousse d’outils pour les personnes disparues, des groupes de soutien par les pairs autochtones, des lignes d’aide en santé mentale, et plus encore.