Ce lundi, Hydro-Manitoba présentait un examen préliminaire du câble qui s’est rompu le 28 décembre 2025 qui montrait que les balises sphériques aériennes et la ligne électrique elle-même avaient été endommagées par des plombs de fusil de chasse.
Cette ligne électrique traversant la fleuve Nelson s’était rompue et avait notamment engendré une coupure de l’électricité entre le 28 décembre et le 2 janvier dans la communauté de la Nation Crie Pimicikamak dans la région de Cross Lake.
Même si Hydro-Manitoba soulignait « qu’il n’ait pas été établi que les plombs aient causé la rupture de la ligne et la panne qui s’en est suivie » et que « la cause définitive de la rupture de la ligne fait toujours l’objet d’une enquête », ces commentaires n’ont pas été appréciés par les leaders autochtones.
Le chef de la Nation Crie Pimicikamak, David Monias, mettait plutôt de l’avant des infrastructures vieillissantes qui manquent de financement.
« Ce qui est clair, c’est que des décennies de sous-investissement dans les infrastructures du Nord et des Premières Nations continuent de mettre notre population en danger, et cette panne est une autre conséquence de cette réalité », disait-il.
« Schéma systémique et de longue date de négligence »
Ce mercredi, le Grand Chef Garrison Settee de la Manitoba Keewatinowi Okimakanak Inc. (MKO) va plus loin et exige une rencontre avec le ministre responsable d’Hydro-Manitoba, Adrien Sala, et le président du conseil d’administration de la corporation de la Couronne, Jamie Wilson.
« La situation dans la Nation Crie de Pimicikamak ne représente pas seulement une défaillance des services, mais aussi un schéma systémique et de longue date de négligence qui ne peut plus être ignoré, minimisé ou détourné des obligations, des répercussions continues et des responsabilités immédiates d’Hydro-Manitoba envers les Premières Nations », a-t-il souligné.
Selon lui, l’annonce des premières analyses d’Hydro-Manitoba qui attribueraient la panne électrique à des dommages causés par les armes à feu « est inacceptable, irresponsable et incendiaire. »
« Ce récit imprudent détourne non seulement l’attention des lacunes opérationnelles de Hydro, mais il met également en danger les membres de la communauté en créant des idées fausses et de l’hostilité envers les citoyens de la nation crie Pimicikamak », a ajouté le Grand Chef Garrison Settee.
Pour rappel, cette panne de courant avait entraîné l’évacuation de plusieurs milliers de personnes. Face à la situation difficile engendrée par cet incident, le gouvernement fédéral avait approuvé le déploiement d’une équipe spécialisée des Forces armées canadiennes (FAC).
