Le Premier ministre Mark Carney a dit jeudi attendre de l’administration américaine qu’elle “respecte la souveraineté canadienne” après des informations de presse faisant état de rencontres entre des responsables du Département d’Etat et des indépendantistes de la province de l’Alberta.
Selon le Financial Times, trois réunions secrètes ont été organisées à Washington avec le groupe “Alberta Prosperity Project”, qui a lancé une pétition pour organiser un référendum sur l’indépendance de cette province pétrolière de l’ouest du pays.
Interrogé par l’AFP, un haut responsable du Département d’Etat a expliqué que son ministère rencontrait “régulièrement des acteurs de la société civile”. “Comme c’est généralement le cas lors de réunions de routine comme celles-ci, aucun engagement n’a été pris”, a-t-il ajouté.
Ces révélations surviennent dans un contexte de fortes tensions entre les deux voisins nord-américains. Depuis son retour au pouvoir, le président américain, Donald Trump, a lancé une guerre commerciale contre son allié canadien et menace régulièrement de l’annexer.
Et certains dans son camp veulent a priori s’appuyer sur l’Alberta pour déstabiliser le Canada.
Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a récemment semblé apporter son soutien à l’idée d’une Alberta indépendante, parlant lors du Forum économique mondial de Davos d’un “partenaire naturel pour les Etats-Unis”, comme s’il s’agissait d’un pays à part entière.
Le Premier ministre de la Colombie-Britannique, province de la côte ouest canadienne et voisine de l’Alberta, s’est indigné jeudi évoquant un acte de “trahison” de la part des indépendantistes albertains.
“Il est totalement inapproprié de chercher à affaiblir le Canada, de demander à une puissance étrangère d’aider à démanteler ce pays et, soit dit en passant, à un président qui n’a pas particulièrement respecté la souveraineté du Canada”, a-t-il déclaré.
Le groupe “Alberta Prosperity Project” a été autorisé à lancer une pétition: il lui faut recueillir 178 000 signatures d’ici le 2 mai pour qu’un référendum ait lieu.
Contrairement au mouvement indépendantiste québécois, vieux de plusieurs décennies et très organisé, le camp séparatiste albertain est récent et disparate, et n’a jamais jusqu’à présent été considéré comme une menace sérieuse pour l’unité canadienne.
D’après plusieurs sondages récents, seulement un tiers des Albertains voteraient pour l’indépendance.
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