La situation, portée à l’attention de la CSFM par le comité scolaire, fera l’objet d’une étude sur les plans technique et financier.
En préambule de la réunion ordinaire de la Commission scolaire franco-manitobaine (CSFM) ce mercredi 28 janvier, le comité scolaire de l’école Précieux-Sang présentait ses doléances.
C’est Marta Allard qui a pris la parole au nom du comité pour faire part des inquiétudes des parents d’élèves de l’École Précieux-Sang, à Saint-Boniface.
« En date du mois de novembre 2025, 265 élèves sur 549 passent leurs journées dans des salles de classe sans lumière naturelle. »
Selon Marta Allard, il s’agit d’un sujet dont on parle depuis un certain temps au sein de Précieux-Sang.
« Ça fait des années que ça ne bouge pas, regrette la mère de famille. L’ancienne directrice, Rachel Foidart a toujours placé la question des fenêtres comme le projet d’infrastructure le plus nécessaire. »
La décision a donc été prise d’interpeler la CSFM avec l’espoir que cela accélèrera les choses.
À la suite de la présentation tenue ce 28 janvier, les membres de la CSFM ont voté en faveur d’une recherche approfondie de la part de l’administration afin de déterminer notamment les coûts et la faisabilité du projet.
Déterminer les coûts et la faisabilité du projet
Les inquiétudes vis-à-vis de la situation actuelle ne relèvent pas uniquement d’une histoire de qualité de vie, même si cela en fait partie.
La littérature scientifique est assez unanime quant à l’importance d’être exposé à la lumière naturelle.
Elle joue un rôle important, entre autres, dans la régulation du sommeil, l’humeur, les performances cognitives ainsi que la santé oculaire.
Officiellement donc, l’administration explorera les options.
Lors de la réunion ordinaire, le directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine, Alain Laberge indiquait que le problème est déjà connu, et ce, au sein de plusieurs divisions scolaires.
« C’est un problème qui touche plus d’une école », note-t-il.
Il faut garder en tête que beaucoup de ces bâtisses ont été construites entre les années 1970 et 1990. Les priorités, au même titre que les moyens techniques de l’époque, étaient différents. Moins de fenêtres étaient synonymes d’une meilleure isolation.
L’on sait aussi que l’amiante, avant son interdiction vers la fin des années 1990, était beaucoup utilisé pour ses propriétés isolantes et coupe-feu.
La présence de ces minéraux dans les murs nécessite donc certaines précautions et logistiques en cas de travaux de rénovation.

Construction, espace, plusieurs défis
L’une des principales raisons derrière la problématique ici, c’est aussi la surpopulation dans les écoles.
Un problème que l’on se réjouit d’avoir, certes, mais avec lequel il faut composer.
L’on se retrouve donc dans une situation où des salles, qui n’étaient pas forcément destinées à devenir des salles de classe, le deviennent en raison du manque d’espace.
Pour pallier ce problème, « si l’on se fie au ministère de l’Éducation, on se sépare de la maternelle et on récupère les locaux », indique Alain Laberge.
« Or la maternelle, c’est notre pain et notre beurre, c’est la prochaine génération. »
Le directeur général explique également que l’école Précieux-Sang ne dispose pas de l’espace nécessaire pour la mise en place d’une portative.
La question de la rénovation et des agrandissements tombe en fait sous le budget d’immobilisation de la DSFM.
C’est ce qu’explique Bernard Lesage, président de la CSFM.
« On présente notre cas et le gouvernement décide des priorités. Est-ce qu’il faut réparer le toit de cette école ou ajouter des fenêtres dans celle-ci? C’est là le défi. Nous on peut prendre notre argent pour ajouter des fenêtres, mais si on le prend de notre budget transport et entretien, où est-ce qu’on va couper? »
Recherche d’une solution
Dans le budget d’immobilisation du mois de mars 2025, deux nouvelles écoles ont été annoncées : à Brandon et à Saint-Boniface.
« Il y a des fonds qui sont allés pour travaux de maintien. » Justement la création de nouvelles écoles est aussi un moyen d’alléger la pression démographique sur certains des établissements de la DSFM.
En tout cas, Marta Allard, au nom du comité scolaire, se dit bien consciente des difficultés techniques et économiques que cela représente, « mais si l’on ne peut pas mettre de fenêtre, il faut trouver une autre solution ».
À la suite du vote de mercredi, la CSFM et l’administration de la DSFM s’engagent donc à entamer les premières étapes vers la recherche d’une solution.
S’il n’existe pas, à ce jour, d’étude formelle quant au coût que l’ajout de fenêtre pourrait représenter à l’école Précieux-Sang, on en a toutefois une idée du côté de la DSFM qui se situerait aux alentours de 1,2 million $.
Initiative de journalisme local.

