« L’ordre international fondé sur des règles s’estompe et les changements technologiques élargissent les zones de conflit. »
C’est pour faire face à ce constat que le gouvernement a présenté cette Stratégie.
Les piliers centraux de cette stratégie incluent la création de l’Agence de l’investissement pour la défense (AID) et la mise en œuvre du cadre opérationnel « Construire-Collaborer-Acheter ».
L’objectif est de porter les dépenses de défense à 2 % du PIB immédiatement, puis à 5 % d’ici 2035. Les retombées attendues sont massives : création de 125 000 emplois, augmentation des revenus de l’industrie de 240 % et garantie que 70 % des contrats d’approvisionnement soient attribués à des entreprises canadiennes.
Au total, le gouvernement va engager un investissement global dépassant les 500 milliards $ sur les dix prochaines années.
« Notre nouvelle Stratégie industrielle de défense permet au Canada de rester une nation souveraine, maîtresse de son destin », a résumé le premier ministre du Canada, Mark Carney.
L’AID est le pivot de la stratégie. Créée initialement au sein de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) en octobre 2025, elle deviendra une entité autonome par voie législative au printemps 2026.
Parmi ses fonctions principales, il y a le fait de simplifier les processus administratifs et réduire les formalités pour l’industrie, de réduire les délais de livraison du matériel aux Forces armées canadiennes (FAC), d’établir des liens stratégiques avec les “champions nationaux” et les PME et de fournir à l’industrie une visibilité à long terme sur les besoins du gouvernement.
Pour le cadre opérationnel : « Construire-Collaborer-Acheter », le gouvernement donne désormais la priorité absolue à la production nationale pour protéger la souveraineté.
Le Canada privilégiera l’achat auprès de fournisseurs canadiens pour les domaines où il possède une expertise souveraine. Si la capacité totale n’est pas disponible au pays, le Canada s’associera à des alliés de confiance.
En dernier recours, le matériel sera acheté à l’étranger, mais avec des exigences strictes comme des conditions imposant un retour économique direct dans l’industrie canadienne ou encore garantir que le Canada possède les droits d’exploitation, de maintenance et de mise à jour des logiciels.
« Achetez canadien n’est pas un slogan, mais le phare d’une nouvelle façon de faire des affaires dans le domaine des acquisitions de défense », peut-on notamment lire dans cette Stratégie.
La Chambre de commerce du Canada a réagi à cette annonce du gouvernement canadien. L’organisme salue cette stratégie qui montre que le gouvernement « a écouté l’expertise de l’industrie et qu’il mise gros sur le Canada. »
« L’ampleur du nouveau financement est sans précédent, mais la véritable mesure du succès sera de voir comment ces dollars se traduisent en état de préparation opérationnelle réel, en équipement modernisé et en Forces armées canadiennes plus fortes.
« L’accent mis par le gouvernement sur l’approvisionnement d’équipement militaire auprès d’entreprises qui investissent, embauchent et résident au Canada renforcera la capacité domestique tout en s’assurant que les investissements publics génèrent une croissance économique et des emplois spécialisés à travers le pays », a notamment commenté David Pierce, Vice-président, Relations gouvernementales, Chambre de commerce du Canada.


