Par Chelsea HOWGATE et Hugo BEAUCAMP.

Lors du lancement, des dirigeants et des aînés communautaires, des Gardiens du savoir et les membres de l’équipe de l’hôpital se sont réunis pour célébrer, planifier, réfléchir et partager ce moment fort dans l’histoire du Canada.

Ce moment était non seulement porteur d’espoir pour l’avenir, mais il représentait également une riche mosaïque spirituelle couvrant plusieurs générations, conférant à ce nouvel espace la signification culturelle qu’il vise à refléter et à préserver.

Des chants, des fumigations et des prières dans les langues autochtones ont inondé la salle pour ses invités d’honneur, et l’évènement s’est même terminé par un chant au tambour intitulé The Bear Song (La chanson de l’ours).

Cette chanson est souvent enseignée aux enfants et aux percussionnistes débutants, mais la coïncidence entre son homonyme et l’ourson emblématique de la fondation a été remarquée avec humour et fierté.

Grâce au partage de toute cette sagesse et de cet espoir, l’Espace communautaire autochtone de guérison (Indigenous Community Healing Space) à l’Hôpital pour enfants du HSC a démarré sur de solides bases.

L’installation de 2 000 pieds carrés, (environ 185 m2) proposée initialement en 2015 par la Dre Melanie Morris, est décrite comme une place où les enfants autochtones peuvent être soignés entièrement – physiquement, mentalement et spirituellement – lorsqu’ils sont loin de leurs familles ou de leurs soutiens communautaires.

Pour faciliter cela, le centre contiendra une multitude de ressources nécessaires pour les enfants autochtones venant de Winnipeg, ou ailleurs dans la province, qui n’auraient autrement pas accès à ces éléments culturels.

Dans la liste des ressources, l’on trouve une bibliothèque remplie de livres et textes dans les langues autochtones de différentes régions, l’espace pour des cérémonies culturelles comme la fumigation et des éléments de conception reflétant les cultures et la spiritualité des personnes autochtones, métisses et inuites.

Un des plans pour l’avenir, partage la Dre Melanie Morris, est également de pouvoir aménager un jardin autour du centre en balcon pour y faire pousser des plantes médicinales utilisées dans les traitements de santé traditionnelle.

Pour la mise en place de ces éléments, elle et son équipe ont consulté, non seulement plusieurs Chefs autochtones, mais aussi les jeunes qui seront accueillis au centre.

Selon eux, « s’il y a des baies de Saskatoon peinturées au mûrs, ou bien l’odeur de sauge brûlée dans les couloirs, ils auront le sentiment d’être chez eux et d’être les bienvenus. »

En tant que femme métisse elle-même, la Dre Melanie Morris comprend très bien le besoin de se sentir en sécurité dans un espace comme celui-ci.

Lors de sa prise de parole au moment de la cérémonie, elle a partagé que, pendant une tournée de tous les étages de l’hôpital, elle a trouvé une vérité déchirante et une nouvelle vocation importante dans son domaine.

« Depuis trop longtemps, nos familles autochtones viennent à nos portes et se sentent comme des étrangers. Elles viennent dans des moments de chagrin et de peur, dans les pires moments de leur vie, et on leur demande de laisser leur identité à la porte. Je me suis demandé : Comment puis-je travailler dans une institution où les enfants ne se sentent pas en sécurité? »

Conformément à sa devise personnelle selon laquelle « la culture est un remède », elle s’est rendue au conseil d’administration de l’Hôpital pour enfants du HSC pour voir ce qui pouvait être fait – et était ravie de constater qu’il y avait une volonté d’aller de l’avant.

Stefano Grande, président-directeur général de la fondation, ajoute d’ailleurs que la planification de l’espace a commencé en 2018, et que la fondation avait pour objectif de commencer les travaux plus tôt, en 2020.

Bien sûr, la pandémie de COVID-19 a modifié les priorités de l’hôpital au cours de ces dernières années, mais l’équipe a eu l’occasion, pendant cette période, de mettre à profit le temps supplémentaire accordé au projet.

« Nous avons eu le temps de nous concentrer sur les consultations avec les Aînés et les Chefs autochtones afin de nous assurer que nous tirions le meilleur parti possible de cette installation, » partage-t-il.

Selon lui, l’objectif est que l’installation soit ouverte et fonctionnelle d’ici un an.

Pour y parvenir, il précise toutefois qu’il manque encore environ 1 million $ sur un montant total de 2,2 millions $.

Le gouvernement provincial a déjà alloué 500 000 $ au projet, et les fonds supplémentaires proviennent de nombreux sponsors, ce pour quoi Stefano Grande se dit « infiniment reconnaissant ».