Comme le souligne le Collectif LGBTQ* du Manitoba, cette session est spécialement conçue pour les personnes 2ELGBTQI+ et allié·es qui veulent en savoir plus sur leurs droits au Canada et au Manitoba.

À l’animation de cette rencontre, l’on retrouvera Francesco MacAllister-Caruso, doctorant en science politique à l’Université Concordia, et Julie Bélanger-Belley, professionnelle en gestion des ressources humaines et fondatrice de Rebelleyus.

Pour Francesco MacAllister-Caruso, qui travaille notamment à l’intersection des droits queer et trans et des droits francophones en situation minoritaire, il s’agit là de sa première collaboration avec le collectif manitobain.

« Ça fait depuis la fin de l’été 2025, début automne 2025, que je travaille avec le collectif pour envisager un peu à quoi ressemblerait cet atelier », précise Francesco MacAllister-Caruso.

Avant cet atelier, Francesco MacAllister-Caruso met la table et explique à les thèmes qui seront abordés.

« L’on vise à aider les personnes 2ELGBTQI+ du Manitoba, à comprendre quel est leur droit, tant dans la province qu’au niveau fédéral. Donc le but, un peu, c’est de donner de l’information claire et pratique sur les protections et aussi les recours à suivre si jamais on est victime de discrimination. »

Au travail ou chez des prestataires de services, des discriminations peuvent arriver. Julie Bélanger-Belley explique en quoi cette discussion est essentielle.

« C’est un sujet dont on ne parle pas assez parce qu’il y a beaucoup de préjugés conscients et inconscients encore dans le milieu du travail. Certainement, ce que je vois sur le terrain qu’il y a des employeurs qui vont prendre des décisions et les justifier, mais dans le fond, la vraie raison c’était un préjugé envers peut-être quelqu’un qui fait partie de la communauté.

« C’est donc important pour moi d’y participer parce que ça permet de sensibiliser et de donner de l’information et créer un certain climat de confiance où l’on peut en parler », dit Julie Bélanger-Belley.

Francesco MacAllister-Caruso poursuit dans le sens de Julie Bélanger-Belley. Selon le doctorant, le manque de ressources et d’information quand ça vient à la question de la discrimination est un enjeu majeur.

Sensibiliser et ouvrir le dialogue

« Les données issues de l’enquête Des nôtres du Collectif LGBTQ* du Manitoba démontrent qu’environ la moitié des personnes que 2ELGBTQI+, francophone du Manitoba, ne dévoilait pas leur orientation sexuelle ou leur identité de genre lorsqu’ils avaient accès ou consultaient des fournisseurs de services.

« Et dans ce cas-là, l’un des défis principaux qui était rapporté, c’était justement la difficulté de trouver de l’information et des services LGBTQ+, en français, au Manitoba. Et puis, on le sait déjà qu’il y a un besoin criant pour ces genres de services-là, tant adaptés aux réalités queer qu’aux réalités francophones. »

Du côté des employeurs manitobains, Julie Bélanger-Belley confie qu’il peut manquer de sensibilisation sur ces sujets. Elle insiste sur l’importance de l’éducation.

« Quand on est victime d’une discrimination, il est important de savoir quoi faire, où aller, comment soumettre une plainte officielle. Mais avant de se rendre là, il y a tout un élément d’éducation et de sensibilisation.

« Tout l’aspect de discrimination des droits humains, on parle ici spécifiquement de la communauté LGBTQ, mais il y a plein d’autres motifs protégés par la loi qui commencent dès les affichages de postes. Par exemple, comment attirer des gens dans nos équipes parce qu’on veut vraiment les avoir, pas juste parce que la loi nous oblige à le faire. Il y a plein de volets à ce niveau-là.

« Comme Francesco l’a dit, c’est que malheureusement, à ce point-ci, on n’est pas assez bien équipé d’un point de vue d’écosystème.

« Et des employeurs ne savent pas nécessairement comment naviguer ces conversations-là, qui sont des conversations humaines. »

La session d’information aura lieu ce jeudi 12 mars de 18 h à 19 h 30. L’atelier sera donné en ligne, les inscriptions sont ouvertes.