À Québec, l’Organisation internationale de la Francophonie a présenté ce 16 mars sa 6e édition de son rapport La Langue française dans le monde, éditée chez Gallimard. Ce document propose une analyse exhaustive de l’état du français en 2026.
Parmi les faits saillants à retenir de l’édition 2026, l’on apprend donc que désormais l’on compte 396 millions de francophones dans le monde.
Cela permet au français de devenir la quatrième langue mondiale. Elle était cinquième en 2022. Le français est derrière l’anglais, le mandarin et l’espagnol, et devant l’arabe standard.
Ce résultat est le produit d’une nouvelle méthode de dénombrement, appelée « méthode 2 », qui se veut plus inclusive de la réalité démographique et éducative de l’espace francophone.
Contrairement à la méthode classique (méthode 1) qui ne comptabilise les locuteurs qu’à partir de l’âge de 10 ans, cette nouvelle approche intègre les élèves de 6 à 9 ans scolarisés ou alphabétisés en français.
Cette réévaluation s’applique notamment aux pays où le français possède un statut de langue officielle, co-officielle ou de langue d’enseignement dès le primaire, comme les pays du Maghreb, de l’Afrique subsaharienne, de l’océan Indien et le Liban.
L’application de cette méthode porte donc l’estimation mondiale à 396 millions de francophones en 2025, contre 348 millions selon l’ancienne méthode.
Louise Mushikiwabo, la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), signale : « On le voit bien, l’entrée en Francophonie est multiforme : elle est traversée par un jeu de centralité et de marges, d’héritages et de subjectivités. On y entre par la langue, par l’histoire, par la géopolitique, ou par un sentiment de communauté ou de résistance culturelle. »
Par ailleurs, le français est la deuxième langue la plus apprise sur les cinq continents. Aussi, près des deux tiers des francophones de la planète résident aujourd’hui sur le continent africain. En 2050, il est attendu que 590 millions de personnes soient des locuteur francophones, dont 9 sur 10 vivront en Afrique.
« Le continent africain sera le nouveau centre démographique de la Francophonie, aussi bien dans un futur proche qu’à plus long terme », a notamment souligné Louise Mushikiwabo.
Également, le rapport indique que l‘espace économique francophone, qui regroupe 90 États et gouvernements membres, génère 16,5 % du produit intérieur brut (PIB) mondial.
Aussi, si le français occupe la quatrième place des langues les plus présentes sur Internet et les réseaux sociaux, des défis importants subsistent face à la domination de l’anglais et à l’émergence de nouvelles puissances linguistiques.
En effet, la proportion de contenus français sur Internet demeure faible, environ 4 %, contre environ 50 % pour l’anglais.
« Cette fragilité limite parfois l’accès des Francophones aux dernières connaissances scientifiques et techniques. Un écosystème numérique francophone plus compétitif semble indispensable pour assurer aux diplômés des chances égales dans les secteurs de pointe », observe le rapport.


