Organisée par le Centre islamique francophone du Manitoba (CIFM), la célébration a transformé la grande salle du centre en espace de prière et de rassemblement communautaire.
Assis sur des tapis disposés au sol face à la scène, hommes, femmes et enfants ont participé aux prières collectives prévues à 9 h puis à 10 h 45. Chaque séance pouvait accueillir jusqu’à 500 personnes, une limite rapidement atteinte selon les organisateurs.
Youssef Bezzahou, président du CIFM et également professeur à l’Université de Saint-Boniface, rappelle la portée spirituelle du ramadan.
« Le ramadan, c’est le carême que toutes les religions connaissent. Mais pour les musulmans, c’est l’un des mois les plus sacrés », explique-t-il.
Ainsi, la fête de l’Aïd El Fitr marque la fin de ce mois de recueillement en donnant lieu à des prières, à des rencontres et à des célébrations festives.

Un mois de recueillement et de solidarité
Durant cette période, les fidèles jeûnent du lever au coucher du soleil.
« On jeûne, on ne mange pas et l’on ne boit pas pratiquement une heure avant le lever du soleil jusqu’au coucher du soleil », précise Youssef Bezzahou.
« Le fait de ne pas manger ou boire durant la journée, ça nous permet aussi de penser aux plus vulnérables, de penser aux personnes sans domicile fixe, de penser aux personnes qui vivent la faim toute l’année », ajoute-t-il.
Des ruptures collectives du jeûne sont ainsi organisées tout au long du mois : « Les portes sont ouvertes pour ces personnes-là. Ils peuvent venir se rassembler au moins en communauté et vivre un moment agréable ».
Une communauté francophone plurielle
« On a énormément de lieux pour les musulmans anglophones ici, mais nous, on veut avoir un lieu francophone où ils peuvent vivre leur religion, vivre leur culture, célébrer, mais en français », affirme le président du CIFM.
Selon Youssef Bezzahou, la forte participation témoigne de l’importance grandissante de la communauté musulmane francophone dans la région, un argument qui ouvre aussi la discussion autour des besoins et désirs de cette communauté. Les inscriptions pour la première séance de prière ont été complètes en quelques heures, obligeant les organisateurs à en ouvrir une seconde.
« On a pratiquement plus d’une vingtaine de nationalités
« Le lien commun, deux liens communs, c’est l’islam, la religion, et le français. »
Créé officiellement le 21 février, mais en projet depuis plusieurs mois, le Centre islamique francophone du Manitoba souhaite dans le futur avoir un centre communautaire permanent.
« Quand il y a un manque d’un lieu, les gens vont passer de l’autre côté de la rivière, ils vont être vite assimilés de l’autre côté et donc ça va créer une forme d’hémorragie et l’on ne souhaite pas ça.
« Ça va être un élément clé de rétention. »
Le CIFM à la recherche d’un centre communautaire
Le président du CIFM a d’ailleurs tenu à souligner l’importance du soutien du Centre culturel franco-manitobain (CCFM).
« On tient à remercier gracieusement le CCFM de nous avoir ouvert et permis d’avoir accès à cet espace assez important pour permettre justement aux fidèles de venir célébrer ».
Présente lors de l’évènement, la députée fédérale de Saint-Boniface–Sainte-Vital, Ginette Lavack, y voyait une occasion privilégiée d’aller à la rencontre des membres de cette communauté.
Elle a également souligné l’importance de ces échanges dans l’exercice de ses fonctions. « Être à la rencontre des membres de cette communauté-là, apprendre à les connaître, à comprendre d’où ils viennent, quels sont les enjeux et les éléments importants pour eux, c’est réellement ça le travail d’une députée afin de représenter les gens de sa circonscription », a-t-elle ajouté.
Au-delà de la célébration religieuse, l’Aïd El Fitr aura ainsi offert un moment de rassemblement illustrant la diversité croissante de la francophonie manitobaine et l’attachement de ses membres à vivre leur culture et leur foi en français, et dans les espaces qui font la francophonie.


