Depuis plus de 25 ans, la série Izzy Asper Jazz Performances propose des concerts intimistes mettant en valeur des artistes de jazz internationaux.

Chargée de la production de la série depuis 2019, Charlene Diehl décrit son rôle comme celui d’une organisatrice qui se doit de repérer des talents et d’assurer la logistique.

« Je cherche des artistes qui seraient formidables pour les publics de Winnipeg. Ensuite, je m’occupe des contrats, de l’hébergement et de tout ce qui permet au concert de bien fonctionner », résume-t-elle.

La série présente généralement trois ou quatre concerts de l’automne au printemps, dans le théâtre du Rady Jewish Community Centre (Rady JCC), une salle d’environ 200 places, « un espace magnifique et intime, avec une acoustique fabuleuse », assure Charlene Diehl.

Une passion pour le jazz

À l’origine de cette série se trouve le philanthrope feu Israel Asper, grand amateur de jazz.

« Il allait souvent à New York et trouvait dommage que tout le monde ne puisse pas vivre cette expérience. Son rêve était d’amener des musiciens de très haut niveau à Winnipeg », rappelle Charlene Diehl.

Aujourd’hui encore, cette volonté d’ouverture guide la programmation.

Les 21 et 22  mars, la chanteuse française Cyrille Aimée se produira au théâtre du Rady JCC afin de refermer cette saison.

« Cyrille est fascinante et tellement dynamique. Elle chante les standards américains, la chanson française ou le latin jazz avec une grande fluidité », explique la productrice.

Cyrille Aimée est installée entre les États-Unis et l’Amérique centrale, après avoir longtemps vécu à New York puis à La Nouvelle-Orléans.

Cyrille Aimée, artiste jazz qui se produira les 21 et 22 mars au Rady JCC.
Cyrille Aimée, artiste jazz qui se produira les 21 et 22 mars au Rady JCC. (photo : gracieuseté)

Influencée par tant de traditions musicales, elle développe une approche libre et énergique du jazz, marquée par l’improvisation et la narration.

Les 21 et 22 mars, l’artiste francophone se produira à Winnipeg en duo avec le pianiste Shea Pierre, basé à La Nouvelle-Orléans.

« C’est excitant d’avoir une formule aussi intime, juste deux musiciens, beaucoup de proximité avec le public », souligne Charlene Diehl.

« Et puis notre ville compte une communauté francophone importante donc quand je trouve quelqu’un qui peut aussi porter cette influence musicale française, c’est encore mieux. »

Une scène en mouvement

« Il existe ici un fort esprit de mentorat entre générations. »

Selon la productrice du Izzy Asper Jazz Performances Series, Winnipeg possède déjà une solide tradition jazz, notamment grâce aux activités du Winnipeg Jazz Orchestra, aux programmes universitaires de l’Université du Manitoba et son ensemble jazz.

À noter que, cette année marque également la cinquième édition du Symposium de jazz pour les femmes à Winnipeg.

« Le jazz est une forme artistique très collaborative, les musiciens improvisent, inventent sur le moment », explique-t-elle.

Pour favoriser cette découverte, l’équipe a récemment mis en place un accueil plus convivial.

Charlene Diehl, explique que maintenant, « on ouvre le lobby avant le spectacle avec des étudiants qui jouent en fond, les gens peuvent se retrouver, prendre un verre, se détendre », afin de contribuer à l’expérience.

Au-delà du divertissement, Charlene Diehl voit dans la musique un pouvoir presque thérapeutique.

« Quand on écoute un grand concert de jazz, il y a une énergie particulière qui circule entre la scène et le public. On peut se laisser porter par le rythme, oublier un moment le quotidien. La musique est une forme de médecine. C’est comme recharger une batterie », conclut-elle.