Un sondage mené en mars 2026 par Probe Research (1) pour le compte de Jeff Browaty, conseiller municipal de Kildonan-Nord, révèle une population de Winnipeg divisée concernant la proposition de réduire la limite de vitesse de 50 km/h à 40 km/h sur les rues résidentielles (locales et collectrices).
En effet, 47 % des résidents sondés sont en faveur de cette mesure, contre 53 % qui s’y opposent.
L’on remarque d’ailleurs que l’opposition se distingue par son intensité : 38 % des sondés sont « fortement » opposés, contre seulement 20 % qui soutiennent « fortement » le projet.
En 2021, une question similaire portant sur le principe de la réduction (sans mentionner spécifiquement le passage à 40 km/h) montrait des résultats comparables (44 % de soutien / 56 % d’opposition), suggérant une stabilité de l’opinion publique malgré les recommandations récentes de la Ville.
Aussi, la Ville de Winnipeg doit obtenir l’autorisation de la Province du Manitoba pour modifier la limite de vitesse par défaut. Là aussi, l’opinion sur le transfert de cette compétence est très divisée, observe Probe Research : 51 % sont pour, 49 % sont contre.
« En votant pour demander ce pouvoir à la province, le Conseil déclarerait en substance que nous avons l’intention d’abaisser la limite de vitesse par défaut dans toute la ville », a déclaré le conseiller Jeff Browaty.
Le conseiller municipal explique aussi qu’ « une réduction généralisée affecterait presque toutes les rues de Winnipeg sans cibler les zones à haut risque où se concentrent les accidents graves. »
Il indique également que « la majorité des collisions causant des blessures dans notre ville ne se produisent pas dans les rues résidentielles locales ou les artères collectrices — les zones qui seraient les plus directement touchées par une réduction à 40 km/h à l’échelle de la ville. »
La proposition de la Ville viserait à établir une nouvelle limite de vitesse par défaut qui s’appliquerait spécifiquement aux zones résidentielles, tout en conservant des vitesses plus élevées sur les axes majeurs
Les recommandations de la Ville s’appuient sur plusieurs éléments. D’abord, une étude menée à Edmonton qui a démontré qu’une limite de 40 km/h a entraîné une réduction de 25 % des collisions globales et de 31 % des blessures et décès.
À Winnipeg, selon les informations de la Ville, il est estimé qu’une baisse de vitesse de 3 à 11 km/h pourrait réduire les collisions mortelles de 10 à 20 %.
La Ville s’appuie aussi sur des analyses qui ont montré que la vitesse moyenne sur les rues locales est déjà de 36 km/h, ce qui suggère que la limite de 50 km/h est trop élevée par rapport à l’environnement.
À noter qu’une une étude distincte devrait être menée pour déterminer si les rues du centre-ville doivent passer à 40 km/h ou rester à 50 km/h.
Ce sujet sera débattu ce jeudi 26 mars lors du Conseil municipal de la Ville.
(1) Le sondage a été mené auprès d’un échantillon aléatoire et représentatif de 600 adultes de Winnipeg entre le 1er et le 17 mars 2026.

