Selon le rapport de Statistique Canada qui analyse l’évolution des crimes haineux déclarés par la police au pays jusqu’en 2024, le Manitoba avait un taux 5,3 affaires pour 100 000 habitants.
Parmi les provinces, seule Terre-Neuve-et-Labrador avait le même résultat. L’Ontario (16,0 affaires pour 100 000 habitants) et la Colombie-Britannique (environ 13,5) avait les taux les plus hauts en 2024.
Le nombre total de crimes haineux déclarés au Manitoba a même connu une baisse notable entre 2023 et 2024.
112 affaires au total ont été décomptées en 2023, contre 79 en 2024, soit une baisse d’environ 30 %
La diminution globale du nombre d’affaires au Manitoba se reflète dans presque toutes les catégories de motifs :
– Race ou origine ethnique : 37 affaires en 2024 (contre 53 en 2023).
– Religion : 26 affaires en 2024 (contre 28 en 2023).
– Orientation sexuelle : 13 affaires en 2024 (contre 21 en 2023).
– Autres motifs (incapacité, langue, genre, âge, etc.) : 3 affaires en 2024 (contre 10 en 2023).
Winnipeg, la principale région métropolitaine de recensement (RMR) de la province, suit une tendance similaire. Le nombre est passé de 49 en 2023 à 44 en 2024. Le taux pour 100 000 habitants est descendu à 4,8 en 2024, comparativement à 5,5 l’année précédente.
Au niveau national, avec 4 882 affaires signalées, l’augmentation annuelle a été de 1 %, contrastant fortement avec le bond de 34 % observé entre 2022 et 2023. Le taux pour 100 000 habitants a lui légèrement diminué de 2 % en 2024 (passant de 12,1 à 11,9).
Néanmoins, il faut signaler qu’entre 2018 et 2024, le taux de crime haineux a augmenté de 142 %, contre seulement 3 % pour la criminalité globale.
Les données provisoires pour les trois premiers trimestres de 2025 suggèrent une baisse (3 509 affaires contre 3 782 pour la même période en 2024).
Pour rappel, un crime haineux, selon la définition présenté dans le rapport, est une infraction criminelle ciblant des parties intégrales ou visibles de l’identité d’une personne ou d’une collectivité.
Par ailleurs, Statistique Canada souligne que les données recueillies sur les crimes haineux ne représentent qu’une partie de la réalité, car elles dépendent étroitement de plusieurs facteurs sociaux, systémiques et méthodologiques.
En effet, la quantité de données dépend par exemple de la décision des victimes de porter plainte. Sur ça, Statistique Canada indique que seulement environ 22 % des incidents perçus comme des crimes haineux par les Canadiens sont signalés à la police.
