Avec des informations de Anaïs NZELOMONA.
Le lancement du rapport Vers des soins pour toustes avait lieu ce lundi 30 mars au Rainbow Resource Centre et en ligne.
Vers des soins pour toustes fait suite à la recommandation du rapport Des nôtres de 2021 qui identifiait la santé et les services sociaux comme l’un des trois secteurs prioritaires.
Menée entre novembre 2025 et février 2026 au Manitoba, les principaux constats de Vers des soins pour toustes mettent en lumière une expérience d’accès aux soins complexe à l’intersection des réalités 2SLGBTQI+ et linguistiques minoritaires.
Parmi les barrières rencontrées, l’on peut citer des expériences de discrimination ou de refus de soins, un manque de services et d’informations disponibles en français ou inclusifs, une offre active inconstante, avec des communications se déroulant principalement en anglais et de manière peu inclusive ou encore un manque de formation généralisé des prestataires de soins sur ces réalités.
Huit recommandations
Le rapport de cette phase initiale propose un total de huit recommandations. Ces recommandations sont structurées autour de trois groupes d’acteurs clés : les organisations de santé, les décideurs politiques et le milieu de la recherche.
Par exemple, pour les organisations de santé et de services sociaux, il est recommandé d’assurer une offre active réelle de soins en français (critères d’embauche, insignes bilingues) et créer un environnement inclusif (langage neutre, marqueurs visuels comme le drapeau arc-en-ciel, formation du personnel sur les réalités 2SLGBTQI+).
Janelle Delorme, gestionnaire en relations autochtones, diversité, équité et inclusion au Centre de santé Saint-Boniface, était présente pour le lancement de ce rapport. Elle revient sur les efforts faits par le Centre de santé Saint-Boniface pour améliorer la situation, notamment le travail sur l’inclusion des pronoms et des noms choisis.
« Dans mon travail et dans le contexte où j’opère, l’on est souvent sensibilisés aux barrières. Donc on essaie de voir comment on peut soit les éliminer ou les contourner pour que notre clientèle ait une meilleure expérience au niveau de leurs soins de santé.
« Par exemple, l’on devait trouver une place beaucoup plus systémique pour être capable d’insérer les pronoms des gens et leur nom choisi. Car, il y a plusieurs personnes, peu importe qu’elles fassent partie de la communauté queer ou pas, qui ont un nom choisi qu’elles utilisent, qu’elles préfèrent utiliser versus leur nom légal. Ça existe dans toutes les communautés.
« On a finalement trouvé une solution qui fonctionne pour nous au Centre de santé, mais ce n’est pas un changement dans le système en entier encore. Mais ça nous permet au moins à l’interne de minimiser, sinon pas éliminer les erreurs de mal-genrer ou mal-utiliser le nom de quelqu’un.
« On a quand même eu des incidents plus récents, mais parce qu’on est conscientisé, tout de suite, on essaie de corriger l’erreur. »
Créer un environnement inclusif
De son côté, Annika Turenne, coordonnatrice de la programmation pour les jeunes francoqueers au Centre de santé Saint-Boniface, parle de la recommandation lié à la création d’un un environnement inclusif qui permet aux gens de sentir à confortable.
« Étant moi-même une personne queer, franco-queer, j’ai eu des difficultés dans le système de santé. Comment est-ce que je peux me sentir confortable? C’est l’une des questions que je me pose.
« Mais quand on voit quelqu’un qui est queer comme professionnel, ça peut alléger beaucoup des peurs qu’on a. Au moins, voir dans les bureaux des symboles qui démontrent un petit peu qu’ils sont alliés comme des drapeaux, des boutons sur les lanières, ça va me faire sentir plus confortable à partager.
« Car, quand ça vient à la santé, ton identité queer peut avoir un grand impact sur ta santé. Si on parle à des pourvoyeurs en santé primaire avec l’information de l’identité, peut-être les réponses vont être différentes quand ça vient à des sujets comme la santé sexuelle. Et ça sera différent que si c’était une identité hétérosexuelle. Mais si le pourvoyeur ne sait pas ça, il ne va peut-être pas partager ces informations-là. »
Après cette phase 1, la phase 2 comprendra notamment des consultations auprès des prestataires et des gestionnaires pour cerner précisément leurs besoins en formation et valider les constats issus de la première phase.
Un autre article plus complet sur ce sujet est à découvrir dans notre édition du 1er au 7 avril 2026.
