« Les consommateurs et les entreprises canadiens naviguent en eaux troubles », résume d’emblée l’économiste en chef Dawn Desjardins de la firme Deloitte.

Dawn Desjardins évoque certains facteurs qui pèsent sur l’économie : « la flambée des prix de l’énergie résultant de la guerre au Moyen-Orient, l’incertitude persistante quant à l’avenir de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, ainsi que les défis structurels liés au ralentissement de la croissance démographique ».

Rebond en 2027

Dans ce contexte, la compagnie prévoit une croissance canadienne modeste de 1,2 % en 2026. Une accélération est prévue pour 2027 (1,9 %) à mesure que les grands projets de construction s’intensifient.

« Cette prévision repose sur l’hypothèse que la plupart des exportations de biens canadiens continueront d’échapper aux droits de douane et que la révision de l’ACEUM se déroulera sans modification majeure », dit Dawn Desjardins.

L’inflation globale est tombée à 1,8 % en février 2026. Elle devrait se stabiliser autour de la cible de 2 % de la Banque du Canada pour le reste de l’année, malgré la persistance des prix alimentaires élevés et la volatilité des coûts énergétiques.

Pour la croissance des ménages, les dépenses resteront restreintes (croissance de 1,3 % prévue en 2026) en raison de la prudence des consommateurs face à un marché du travail moins dynamique.

Quant au taux directeur, il devrait rester inchangé à 2,25 % durant toute l’année 2026.

Le taux de chômage devrait reculer graduellement pour atteindre 6,3 % d’ici la fin de 2026, mais ce déclin sera davantage dû à une croissance limitée de la population active (vieillissement, politiques d’immigration plus strictes) qu’à une forte demande de main-d’œuvre.

Perspectives Régionales

La performance économique varie considérablement selon l’exposition aux tarifs américains et la dynamique démographique.

Comme au niveau national, la croissance économique du Manitoba devrait s’améliorer modestement. Les prévisions pour le produit intérieur brut (PIB) réel sont les suivantes :

– 2025 (estimation) : 1,3 %

– 2026 (prévision) : 1,0 %

– 2027 (prévision) : 1,8 %

Parmi les principaux moteurs de croissance, Deloitte note des investissements en infrastructures publiques, des perspectives de commerce avec la Chine grâce à la suppression des tarifs douaniers sur le tourteau de canola et les pois, ainsi qu’à la réduction du tarif sur les graines de canola. 

La province voit aussi une augmentation des investissements dans des projets liés au climat, en réponse aux conditions récentes de feux de forêt et de sécheresse.

Avec une croissance prévue de 1,0 %, le Manitoba se situe dans la moyenne.

Il fait mieux que le Québec (0,7 %), l’Ontario (0,8 %) et le Nouveau-Brunswick (0,9 %), et il est à égalité avec la Nouvelle-Écosse. Cependant, il reste derrière les leaders de la croissance comme la Saskatchewan (1,9 %) et l’Alberta (1,7 %).

En 2027, avec une prévision de 1,8 %, le Manitoba dépasse toutes les provinces de l’Atlantique (qui oscillent entre 1,2 % et 1,5 %) ainsi que le Québec (1,5 %). Il se rapproche des performances de l’Ontario (1,9 %) et de la Colombie-Britannique (1,9 %), bien qu’il demeure derrière l’Alberta (2,6 %).