Dans le cadre d’un cours dispensé par le département d’études françaises de langue et de littérature qui s’intitule l’Atelier de théâtre, deux pièces d’Eugène Labiche, dramaturge français (1815-1888), sont à découvrir ces prochains jours dans la salle Martial-Caron de l’Université de Saint-Boniface (USB).
« C’est un cours de six crédits, c’est-à-dire un des rares cours qui se développe sur l’année entière, donc deux semestres », précise Jean Valenti, professeur titulaire en littérature française des XIXe et XXe siècles à l’USB et directeur de la mise en scène de ces deux pièces de théâtre.
À la distribution l’on retrouve donc une dizaine d’étudiants qui ont travaillé à la réalisation de ces pièces.
« L’objectif du cours, c’est de monter une pièce de théâtre, généralement avec des étudiants qui sont des comédiens amateurs, il n’y a pas de professionnels.
« Quand je parle de monter une pièce de théâtre, ça touche tous les éléments d’une production théâtrale, depuis le jeu de lumière, le décor, la scénographie, la mise en scène, et bien entendu les étudiants doivent aussi apprendre leur texte », indique Jean Valenti, professeur à l’USB depuis 25 ans.

Jean Valenti explique aussi le choix des pièces d’Eugène Labiche s’illustrant dans le genre du vaudeville. Au théâtre, il s’agit d’une comédie courte et divertissante, mêlant intrigues rapides, quiproquos et chansons.
« Eugène Labiche est un vaudevilliste du XIXe siècle français, c’est un des auteurs les plus prolifiques, on lui doit en collaboration à peu près 180 vaudevilles. Le vaudeville c’est aussi une pièce chantée en partie, alors on a découvert quelques voix pendant le semestre, certaines voix très belles, d’autres à oublier le plus rapidement possible (rires).
« Le vaudeville, c’est également intéressant parce que généralement ce sont des pièces qui font en 35 et 40 minutes, ce sont des pièces courtes, et généralement la distribution se fait avec quatre ou cinq personnages, alors ça c’est absolument parfait pour l’atelier de théâtre.
« Car, je ne peux pas imposer un texte de 200 pages, à mes étudiants, ils ne sont pas des comédiens professionnels, c’est impossible, alors là on parle de textes d’à peu près 30 à 40 pages, qui peut se mémoriser assez rapidement. »
Le public pourra donc découvrir les pièces suivantes : Les Deux timides (1860), qui explore les rapports humains sous l’angle de la timidité, et Mon Isménie (1852), qui tourne en dérision les travers de la bourgeoisie du XIXe siècle.
Au-delà du cours, Jean Valenti espère, à travers ces créations, donner le goût du théâtre à ces étudiants qui pourraient être tentés de renouveler l’expérience à l’avenir.
« Bien entendu, l’on souhaite leur donner le goût du théâtre. Par exemple, je sais que deux de mes étudiantes vont passer des auditions au Cercle Molière, ce qui n’est pas rien, ce qui est vraiment bien. Elles sont intéressées par la profession, essentiellement comme actrice, mais bon, peut-être que le métier de metteur en scène, de scénographe, d’agent plateau, viendra par la suite. Alors oui, effectivement, ça fait partie des objectifs du cours. »
Les spectacles sont à découvrir les 9, 10 et 11 avril à 20 h. L’entrée est gratuite.