Le rapport municipal de 2024 faisait état d’avancée en matière de services en français. L’on notait une augmentation du nombre de postes désignés bilingues, passant de 72 à 229. Anticipez-vous certains défis vis-à-vis du recrutement et de la rétention pour ces postes-là?
Nous devons nous assurer d’être en mesure de fournir des services pour nos citoyens dans les deux langues officielles. Recruter et retenir est un défi depuis de nombreuses années, mais l’on continue de travailler là-dessus.
Notre Ville est en pleine croissance, nous avons accueilli 80 000 résidents ces dernières années.
Beaucoup de ces personnes arrivent de pays où le français est leur première langue. C’est pourquoi nous investissons dans l’accueil et le recrutement de personnes bilingues.
Quels leviers la Ville met-elle en place pour faciliter ce recrutement?
Je pense qu’il existe des avantages à travailler pour la Ville de Winnipeg.
Nous avons d’excellent bénéfices sociaux pour nos employés, mais il existe aussi beaucoup d’opportunités d’explorer différentes carrières au sein de la Ville.
Nous avons près de 10 000 employés à travers de nombreux départements et nous pouvons offrir de longues carrières, variées.
Puisque l’on parle de francophonie, un sujet important au sein de la communauté est celui de l’avenir du Musée de Saint-Boniface. Est-ce que la Ville peut s’engager aujourd’hui à aider financièrement le musée à terminer ses rénovations et rouvrir ses portes en 2026?
J’ai travaillé avec le conseiller municipal Allard et j’ai fourni de l’argent de mon propre bureau pour le travail qui est en cours.
Mais nous poursuivons les dialogues avec nos départements et le gouvernement provincial et fédéral pour trouver un moyen d’assurer que le Musée reçoive l’argent nécessaire.
Je n’ai pas les dernières actualités sur le dossier mais je sais que les dialogues sont en cours.
Une autre chose que la francophonie va suivre de près, cette année 2026, c’est la question de l’avenir du Carré Civique. La Ville doit ouvrir un appel d’offre pour la gestion à long terme du Carré Civique, quand pouvons-nous attendre le lancement de ce processus et surtout, qu’est-ce que vous aimeriez voir pour l’avenir de l’ensemble de ces bâtiments?
Là encore je ne sais pas où en est le processus, la date de lancement prévu. Mais c’est très important pour, non seulement pour l’histoire de Saint-Boniface mais aussi pour l’histoire de Winnipeg.
J’ai eu des conversations avec ceux qui ont des propositions et des idées pour le futur à long terme du Carré Civique et le développement de Provencher est très excitant. Notamment le développement résidentiel.
Je pense que ça va revigorer l’ensemble du quartier. Quant à ce que j’aimerais voir ressortir de l’appel d’offre, je ne souhaite pas que la Ville de Winnipeg s’en occupe.
Je pense que ça devrait être entre les mains de la communauté avec une vision pour l’avenir qui honore l’histoire.
Puisque l’on parle du développement dans Saint-Boniface, abordons la question de la revitalisation du centre-ville de Winnipeg.
Il y a beaucoup d’investissements en cours pour le centre-ville en ce moment, beaucoup de projets. Portage Place, Wehwehneh qui est l’ancien bâtiment de la Baie.
De nombreux projets résidentiels vont aussi commencer à voir le jour sur la propriété de La Fourche.
La Fédération Métisse du Manitoba a aussi beaucoup d’investissements en ville et tout cela va transformer le centre de notre ville.
L’objectif est d’avoir plus de monde qui vit au centre pour améliorer la vitalité et l’attractivité du centre.
Plus on aura de gens qui se promènent, font leur magasinage, plus la zone sera sécuritaire.
Les employés municipaux ont été la cible de faits de violence ces derniers temps, vandalisme ciblé, intimidation. Est-ce que cette tendance vous inquiète? Est-ce que la Ville prévoit de mettre des choses en place pour faire face à cette situation?
Cela m’inquiète. J’ai parlé avec mes conseillers et collègues à travers le Manitoba.
Les Manitobains et les Winnipégois qui travaillent pour les municipalités sont des gens bien qui veulent contribuer à construire une communauté plus forte.
C’est inacceptable qu’ils soient victimes d’intimidation ou de menace. Nous devons nous tenir ensemble en tant que dirigeants municipaux mais le public aussi doit se lever et s’opposer à cela.
En tant que société nous devons être meilleurs.
Vous arrivez à la fin de votre mandat, les élections municipales devraient se tenir en 2026, que retenez-vous de votre mandat et quelles seront vos priorités cette nouvelle année?
Je crois que pendant mon mandat les conseillers et moi-même avons entamé de gros projets. On a rouvert Portage et Main à la circulation pédestre.
Nous avons retravaillé le système de transport en commun sur lequel nous devons continuer d’apporter des ajustements, car ce n’est pas encore parfait. Nous avons sécurisé des fonds pour les deux premières phases de travaux de la station d’épuration du North End.
C’est le projet le plus complexe et dispendieux de l’histoire de la Ville. Ce projet figure sur la liste des priorités pour l’année.
Nous souhaitons aussi travailler à la mise en place d’un quatrième service d’urgence qui aura pour but de répondre aux appels liés à la santé mentale.
Pour ces appels-là, où la sécurité des personnes n’est pas engagée, nous déployons des policiers ou des pompiers.
Nous sommes en phase d’analyse afin de définir à quoi cela pourrait ressembler.
L’objectif est de pouvoir déployer des travailleurs de santé pour les appels qui ne posent pas de problèmes de sécurité.
Enfin, nous devons continuer à créer plus de logements à Winnipeg, nous devons continuer de combattre les problèmes d’itinérance et de dépendance.
Et finalement monsieur le maire, est-ce que Scott Gillingham sera candidat aux prochaines élections municipales?
J’en ai l’intention oui.



