Emma GOBEIL, élève du Louis Riel Arts and Technology Centre.
« Je me considère comme bilingue ou franco-manitobaine. J’ai appris le français avec mon père. Ma mère parle anglais, mais toute la famille de mon père parle français.
« Maintenant, dans mon école, c’est surtout l’anglais. Je parlais beaucoup français avant, mais ici, c’est rare.
« Sur Netflix ou Disney, je ne vois pas beaucoup de français. Sur TikTok ou Instagram, c’est un mélange, parfois du français, parfois de l’anglais.
« Pour moi, un Manitoba bilingue, c’est avoir le choix, être servi en français, choisir l’éducation en français. Mon espoir, c’est d’avoir plus d’activités en français et plus de contenus qu’on voit directement, sans devoir les chercher. »
Gabriel GAGNON, étudiant en travail social à l’Université de Saint-Boniface.
« Je me définis comme franco-manitobain, personne d’expression française ou bilingue, ça dépend du contexte. À l’université et en famille, je parle français, mais même à Saint-Boniface, ce n’est pas toujours possible de se faire servir en français.
« La politique, les nouvelles, la musique, c’est presque tout en anglais.
« On peut mettre le bilinguisme sur le papier, mais ça ne change pas nécessairement ma réalité. Je suis fier que le Manitoba prenne cette initiative. Peu de provinces font ces pas-là vers un bilinguisme réel. Mon espoir, c’est sortir de chez moi et être servi dans la langue que je choisis, sans que le français soit secondaire. »
Nesrine CHERFI, étudiante en 3e année en arts à l’Université de Saint-Boniface.
« Je parle français, alors je me définis comme franco-manitobaine. À l’université, j’utilise seulement le français. Dès que je sors du cadre universitaire ou familial, ça switch automatiquement à l’anglais.
« Je consomme du contenu en plusieurs langues. Il y a beaucoup de français aussi, mais surtout de France. Le contenu franco-manitobain existe, mais on n’y est pas assez exposés. Je ne cherche pas vraiment du contenu, c’est le contenu qui me trouve. S’il était sur les plateformes, je le regarderais.
« Le français devient souvent un atout, jamais la langue principale. Mettre une loi, c’est symbolique. Moi, je veux pouvoir sortir de chez moi et parler français sans que ça soit perçu comme bizarre. »
