Le 6 janvier dernier, le directeur général de la Division scolaire de Winnipeg (WSD), Matt Henderson, a envoyé une lettre informant la communauté de l’école Kelvin qu’une croix gammée avait été peinte sur le bâtiment de l’école.

Six jours plus tard, le 12 janvier, il a envoyé une deuxième lettre après qu’une autre croix gammée a été trouvée dessinée à l’intérieur du casier d’un élève de confession juive.

« Je ne saurais trop insister sur le caractère dévastateur d’un tel acte pour notre communauté scolaire et notre ville », a écrit Matt Henderson.

Il a confirmé dans ses communications que le Service de police de Winnipeg avait été contacté et qu’une enquête approfondie sur les deux incidents était en cours.

À la lumière de ces nouvelles, le responsable et les membres de la communauté ont appelé à une meilleure éducation et à une plus grande sensibilisation à l’antisémitisme.

« J’encourage vivement les familles à discuter des implications et du fait que ces symboles représentent la haine, le fascisme et l’antisémitisme, qui sont des comportements inacceptables et qui ne seront pas tolérés dans les écoles de la WSD », a souligné Matt Henderson.

C’est un message auquel adhère Ruth Ashrafi, directrice régionale pour le Manitoba de B’nai Brith Canada, une organisation juive de défense des droits de la personne.

Elle affirme que le taggage de ces symboles haineux fait que les gens se sentent ciblés et a des répercussions importantes sur les membres de la communauté, malgré le fait qu’il puisse parfois être le fruit de l’ignorance.

« Certains enfants ne connaissent pas suffisamment l’histoire de l’Holocauste, dit-elle. Certains jeunes savent que c’est un symbole de haine, mais l’ampleur de cette haine et de cette souffrance n’est pas toujours claire. C’est pourquoi l’éducation est très importante. »

Le gouvernement provincial a annoncé l’automne dernier qu’il supplémenterait l’enseignement obligatoire sur l’Holocauste en l’ajoutant au programme d’études sociales des 6e, 9e et 11e années.

Ces changements devaient être mis en œuvre par les enseignants dans les salles de classe dès l’année scolaire en cours, une annonce qui a été chaleureusement accueillie par Ruth Ashrafi.

« Un programme scolaire dépend toujours de la formation des enseignants. Heureusement, nous disposons d’un très bon programme de formation des enseignants pour ce programme particulier au Manitoba. De ce point de vue, j’ai vraiment bon espoir que ces enseignants feront un excellent travail dans leur salle de classe. »

En attendant, elle souligne toutefois l’importance pour les écoles et la communauté d’assurer un suivi proactif.

« Pour le public, si vous voyez quelque chose, dites quelque chose, dit-elle. Le B’nai B’rith dispose d’une application anti-haine que vous pouvez télécharger et utiliser pour nous signaler des symboles comme ceux-ci. Vous pouvez également appeler la police locale. Ces deux mesures sont très efficaces pour aider à arrêter les personnes qui commettent ces actes. »

L’éducation à l’Holocauste au Manitoba

Le gouvernement provincial a publié un guide de 40 pages destiné aux enseignants sur l’éducation à l’Holocauste, qui comprend des questions à poser aux jeunes et diverses approches permettant d’élargir leur compréhension de l’histoire.

Le programme du gouvernement divise l’enseignement de l’Holocauste en cinq étapes : le contexte historique et culturel des communautés juives avant l’Holocauste, la montée en puissance du régime nazi et ses politiques haineuses, l’Holocauste et la Guerre mondiale, les conséquences et le contexte après la guerre, et les réflexions sur la lutte contre l’antisémitisme.

Alors que les élèves progressent dans leur éducation, l’enseignement de l’Holocauste devient de plus en plus complexe.

Conformément à l’enseignement des concepts historiques relatifs à d’autres événements majeurs du passé, les élèves de 6e année en apprennent sur la Shoah dans un sens plus large, en mettant l’accent sur la responsabilité nationale.

Par exemple, les jeunes peuvent étudier l’idéologie nazie en la comparant aux principes démocratiques du Canada.

En 9e année, les enseignants doivent approfondir un peu plus le sujet : au lieu d’examiner le pays dans son ensemble, les élèves étudient la manière dont différentes organisations et différents groupes ont vécu les événements historiques.

Cela permet aux élèves de mieux étudier la complexité de la situation politique de l’époque et de comprendre comment le régime nazi a pu accéder au pouvoir, tout en examinant la persécution d’autres groupes minoritaires.

Les élèves sont invités à se projeter dans les événements historiques et à explorer comment ils peuvent avoir un effet actif sur leurs communautés.

En 11e année, une grande partie de l’enseignement de l’histoire explore les événements à travers les perspectives autochtones. Les élèves apprennent à comparer les événements mondiaux avec l’histoire des Premières Nations, des Métis et des Inuits au Canada.

Initiative de journalisme local.