Pour cette nouvelle édition, le festival prend une ampleur inédite et se dote d’un thème fort : Debout.

« Debout est un mot qui peut sonner comme un ordre. Mais c’est également une invitation à s’engager », explique Wilgis Agossa, directeur artistique du projet.

Cette thématique, choisie avec conviction, marque un tournant important positionnant cette année la jeunesse au cœur de sa programmation. Créé en 2022, Noir et Fier est né dans un contexte postpandémique, sous une forme modeste.

« Ça a commencé en 2022 par une petite exposition photo avec quelques livres dans l’exposition, et c’était tout », se rappelle Wilgis Agossa. À l’époque, à peine une centaine de personnes avaient visité l’exposition.

Cinq ans plus tard, le chemin parcouru est remarquable.

« En 2025, l’on a atteint, de façon directe, environ 5 000 personnes », souligne-t-il.

Cette croissance s’est faite au rythme des besoins de la communauté.

Chaque année, un thème vient structurer la programmation et porter un message, « mais surtout sensibiliser et éduquer », rappelle le directeur artistique.

Cette année, Noir et Fier veut souligner que les luttes pour l’égalité et la reconnaissance ne sont jamais terminées.

« Il ne faudrait pas que les jeunes tiennent pour acquis que les anciens ont tout accompli. Quand on parle du sujet entourant les droits de la personne, il y a toujours à faire, il y a toujours du travail. Et il faut qu’on reste debout, qu’on reste prêts à faire face aux défis », affirme Wilgis Agossa.

Ce message se reflète directement dans la programmation, qui accorde une place inédite aux jeunes, sans pour autant oublier les autres publics.

Trois expositions pour raconter la jeunesse noire

Trois expositions seront présentées au Théâtre Cercle Molière (TCM), à l’Université de Saint-Boniface (USB) et au Centre culturel franco-manitobain (CCFM).

Au cœur de ces expositions, des portraits de jeunes issus de différentes communautés noires, accompagnés de leurs témoignages.

Une peinture collective, réalisée par des jeunes, sera également exposée au TCM, symbole d’une création partagée et d’une prise de parole artistique.

Grâce à un partenariat avec le Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP), des visites guidées seront offertes aux écoles.

« Les guides du musée se déplacent au TCM », précise fièrement Wilgis Agossa. Le vernissage de cette exposition aura lieu le 7 février.

Une programmation riche et intergénérationnelle

Noir et Fier propose une douzaine d’activités et mobilise de nombreux partenaires culturels, scolaires et communautaires. Le mois s’ouvrira le 31 janvier avec une grande nouveauté : le grand-déjeuner communautaire. Gastronomie, danse et présentations artistiques seront au rendez-vous dans le sous-sol de la Cathédrale de Saint-Boniface.

Le 1er février, place aux contes du Congo, du Cameroun, du Togo et du Burundi pour un après-midi familial. Puis, le 4 février, le très attendu Colloque jeunesse réunira jusqu’à 500 jeunes au MCDP.

« On les rassemble pour qu’ils prennent la parole, pour qu’ils prennent leur place », insiste Wilgis Agossa.

Le 5 février, une table ronde intergénérationnelle intitulée Debout : penser demain à partir d’hier réunira trois générations autour des enjeux du passé, du présent et de l’avenir Le 6 et 7 février, le TCM présentera une de ses co-productions, le spectacle jeunesse Ô Canada, té qui toi?.

Les 7 et 8 février, la Nuit d’la jeunesse afro et le marché communautaire animeront le TCM et le CCFM.

Le 22 février, la projection du film Ici et là-bas du réalisateur Ludovic Bernard est prévue au CCFM.

Tout au long du mois, les découvertes littéraires amèneront des auteurs dans les écoles.

« Février est en même temps le mois de la lecture. Nous nous sommes donc dit d’aller dans les écoles. Nous y allons avec nos livres, on fait la lecture avec les jeunes et l’on discute », explique le directeur artistique. Déjà, une trentaine de groupes ont réservé leur place.

L’évènement se clôturera le 26 février par une soirée de gala, organisée au MCDP.

Pour Wilgis Agossa, l’un des plus grands succès de Noir et Fier réside dans les rencontres et les discussions qu’il suscite.

« On se permet d’avoir des discussions très approfondies sur des sujets qui peuvent être sensibles, dans le respect », confie-t-il.

Son souhait pour l’avenir est clair : « Que le festival continue de grandir, tout en mettant davantage au cœur de sa programmation ces éléments éducatifs et de sensibilisation ».

Noir et Fier invite toute la société manitobaine à se lever, à écouter et à bâtir ensemble un avenir plus juste, plus inclusif et plus solidaire : « Il ne faut pas forcément être noir pour participer. Au contraire, quand on arrive à faire ce pas les uns vers les autres, on finit par remarquer qu’on a plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous éloignent », conclut Wilgis Agossa.