Du côté des Ami.e.s du carré civique, on redoute que les délais répétés finissent par affaiblir l’impulsion politique et communautaire construite depuis plusieurs années.

La nouvelle année est désormais bien entamée, mais toujours pas d’appel d’offres pour le Carré Civique de Saint-Boniface.

Lors de l’assemblée générale annuelle des Ami.e.s du carré civique de Saint-Boniface (ACCSB) au mois de novembre 2025, l’on apprenait qu’aucun échéancier n’avait été fixé.

Malgré cela, Jean-Michel Beaudry, président du conseil d’administration du carré civique créé par la Ville de Winnipeg, espérait voir la publication de l’appel d’offres au mois de décembre 2025 ou janvier 2026.

Seulement, La Liberté apprenait la semaine passée que l’appel d’offres était en cours de révision aux Services juridiques de la Ville. L’appel d’offres a donc été rédigé et est en cours d’analyse.

La mission de la branche juridique consiste à apporter des modifications ou des recommandations à l’endroit du document avant que ce dernier ne soit prêt à être rendu public

Seulement voilà, par courriel, et sans être capable de donner une date plus spécifique et sans préciser où en était le processus, la Ville de Winnipeg nous indiquait que l’appel d’offres devrait être publiée « au printemps 2026 ».

L’on est donc loin de la date de publication désirée. Michel Chartier, président des ACCSB, assure qu’il reste optimiste que la « volonté politique est là », mais confie tout de même « une certaine inquiétude ».

« Plus le temps passe, plus cette volonté politique risque de changer. On ne voudrait pas perdre le momentum accumulé jusqu’à date. »

La grande crainte de Michel Chartier serait de voir le travail accompli jusqu’à lors, réduit à peau de chagrin.

Pour rappel, le travail des ACCSB a notamment permis de faire retirer l’ancien hôtel de ville (219 boulevard Provencher) et la caserne des pompiers (212 rue Dumoulin) de la liste des biens excédentaires de la ville de Winnipeg.

Ils ont ainsi échappé à une vente potentielle. Aujourd’hui l’appel d’offres de la Ville est une étape essentielle dans l’avenir de cet ensemble de bâtiment.

Il déterminera quelle organisation aura la charge de la gestion à long terme du carré civique.

« Il faut cristalliser cette intention-là », martèle Michel Chartier.

Lors d’un entretien avec le maire de Winnipeg Scott Gillingham, le 19 décembre 2025, ce dernier n’avait pas su nous dire où en était l’appel d’offres.

Il assurait toutefois l’intérêt de la ville quant à l’avenir du carré civique. « C’est un endroit important, non seulement pour l’histoire de Saint-Boniface, mais aussi celle de Winnipeg. Je n’ai pas les détails sur le temps et l’état du processus, mais j’aimerais voir une continuation dans la gestion du carré civique, une vision pour l’avenir qui honore l’histoire et cela devrait revenir à la communauté. »

L’on peut alors s’interroger sur les délais moyens de traitement des documents par l’administration juridique de la Ville. Faut-il s’inquiéter du temps que cela prend?

Le conseiller municipal du quartier de Saint-Boniface Matt Allard, siège, lui aussi, sur le conseil d’administration du carré civique créé par la Ville de Winnipeg.

Il n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue mais a tout de même partagé une déclaration via courriel indiquant : « La fonction publique travaille efficacement avec les ressources fournies dans les délais prescrits. En attendant, je sais que le fait de poser des questions sur cette enquête médiatique contribuera à faire avancer ce rapport. Au fil des ans, il a été courant que la fonction publique prenne son temps afin que le rapport ait les meilleures chances d’être adopté par le conseil dans l’intérêt du public. Je tiens à féliciter la fonction publique à cet égard, car je sais que son travail a été très bien accueilli par la communauté jusqu’à présent. »

En tout cas, malgré le retard, du côté des ACCSB, on se tient prêt.

« On a le mandat de la francophonie manitobaine et l’appui de l’entièreté des organismes et partenaires communautaires qui ont un intérêt dans le dossier. On est prêt à avancer avec la rédaction et la présentation de notre plan aussitôt que l’appel d’offres sera lancé », conclut Michel Chartier.

Initiative de journalisme local.