Selon ces données présentées ce jeudi (1), bien que les dépenses de santé aient presque doublé depuis 2015 — passant de 219 milliards $ à 399 milliards $ — les Canadiens n’ont jamais eu autant de mal à accéder au système.
En 2015, 40 % des Canadiens n’avaient pas de médecin de famille ou avaient des difficultés d’accès. En 2025, ce chiffre atteint 50 %.
La proportion de Canadiens pouvant obtenir un rendez-vous en un ou deux jours est tombée de 24 % en 2015 à seulement 15 % aujourd’hui.
Un Canadien sur huit (13 %) cherche un médecin depuis plus d’un an ou a tout simplement abandonné l’idée d’en trouver un.
Pourtant, selon l’Institut canadien d’information sur la santé compilées par Angus Reid, le nombre de médecins de famille par habitant a augmenté dans presque toutes les provinces (sauf en Alberta et en Ontario) depuis 2015.
Plusieurs facteurs expliquent ce décalage. D’abord, le vieillissement de la population. La proportion de Canadiens âgés de 65 ans et plus est passée de 16,1 % en 2015 à 19,5 % en 2025, entraînant des besoins médicaux plus complexes.
Et aussi, il y a une tendance vers des pratiques de médecine familiale plus spécialisées qui réduit la disponibilité pour les soins généraux.
Les difficultés ne se limitent pas à la médecine générale. L’ensemble de la chaîne de soins subit des tensions majeures.
En effet, 56 % des Canadiens ayant eu besoin d’un spécialiste au cours des six derniers mois ont rencontré des obstacles.
Et, 46 % des patients rapportent des difficultés à obtenir une intervention chirurgicale nécessaire, et 5 % déclarent que cela a été « impossible ».
Cette situation n’impacte pas toutes les provinces avec la même intensité.
Environ 15 % des Manitobains déclarent ne pas avoir de médecin de famille, et 33 % disent avoir des difficultés à obtenir un rendez-vous avec celui qu’ils ont. Même si les Manitobains restent bien placés selon cet indicateur, ils ont tout de même « un accès moins facile aux médecins de famille qu’il y a dix ans ».
Aussi, environ 8 % des habitants de la province cherchent un médecin depuis plus d’un an ou ont tout simplement abandonné l’idée d’en trouver un, un chiffre qui est resté stable depuis 2015.
Parmi ceux ayant eu besoin d’un test (IRM, rayons X, etc.) au cours des six derniers mois, 40 % ont rapporté des difficultés (12 % jugeant cela « très difficile » et 28 % « difficile »).
Comme au national, l’accès aux spécialistes est plus complexe, avec 62 % des répondants manitobains signalant des difficultés, dont 4 % qui n’ont pas pu obtenir de rendez-vous du tout.
Enfin, le Manitoba affiche l’un des taux de confiance les plus bas au pays concernant l’accès rapide aux soins d’urgence ; seuls 25 % des résidents sont confiants qu’ils recevraient un traitement en temps opportun en cas de besoin.
Ce chiffre est de 43 % au Québec, 40 % en Ontario ou encore 39 % en Alberta.
(1) Les données sont issues d’un sondage réalisé par l’Institut Angus Reid du 26 novembre au 1er décembre 2025, auprès de 4 025 adultes canadiens.

