La salle Jean-Paul-Aubry du Centre culturel franco-manitobain (CCFM) a vibré au son du violon pour l’ouverture de l’Auberge du Violon.

Organisée par l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM), en collaboration avec le Conseil Elzéar-Goulet, la soirée rendait hommage à Paulette Duguay, disparue l’été dernier.

Entre discours officiels, vidéo hommage et musique traditionnelle, la mémoire de Paulette Duguay a résonné bien au-delà des murs du CCFM. Dans les rires, les accolades et les pas de danse, c’est toute une communauté qui a choisi de célébrer une vie dédiée au rassemblement, à la transmission et à l’amour.

Dès l’ouverture, des HÉHO ont été repris en chœur par une foule enthousiaste.

Sur scène, le violoneux Alexandre Tétrault, l’un des artistes favoris de Paulette Duguay d’après Crystal Desrosiers, présidente de l’UNMSJM, a donné le ton à une soirée où la danse et la musique ont rapidement pris le dessus sur la peine.

Le violon d’Alexandre Tétreault a accompagné les pas de danse des participants venus nombreux célébrer la mémoire de Paulette Duguay.
Le violon d’Alexandre Tétreault a accompagné les pas de danse des participants venus nombreux célébrer la mémoire de Paulette Duguay. (photo : Virginie Frere)

Parmi les dignitaires présents figuraient, entres autres, Raymonde Gagné, présidente du Sénat du Canada, le ministre des Relations avec les municipalités du Nord et des Affaires francophones, Glen Simard, Ginette Lavack, députée fédérale pour Saint-Boniface—Saint-Vital et secrétaire parlementaire de la ministre des Services aux Autochtones, le député provincial de Saint-Boniface, Robert Loiselle, ainsi que plusieurs représentants d’organismes communautaires et culturels.

De l’émotion

Tous sont venus témoigner de l’empreinte laissée par celle que plusieurs surnommaient affectueusement « la mémère métisse ».

La présidente de l’Union, Crystal Desrosiers, a livré un discours empreint d’émotion.

« Pendant plus de dix ans, Paulette a dirigé l’Union avec une détermination, un courage et une vision remarquable. Sa présidence n’était pas simplement un rôle, c’était un engagement profond, porté avec amour pour notre peuple », a-t-elle déclaré devant une salle attentive.

Le ministre Glen Simard a, pour sa part, salué une « visionnaire » engagée envers la réconciliation et la fierté identitaire. Il a rappelé son rôle clé dans la création de réseaux d’aînés et dans la valorisation du patrimoine métis francophone au Manitoba.

En entrevue après son allocution, Crystal Desrosiers confie : « C’est exactement la façon dont Paulette aurait aimé cette soirée. Les gens dansent. C’est une vraiment belle ambiance. »

Malgré la fête, l’émotion demeure vive. « Pour moi, c’est encore vraiment triste. Mais quand je pense à Paulette, elle ne voudrait pas qu’on pleure. Elle aurait aimé qu’on danse, qu’on célèbre », dit-elle.

Crystal Desrosiers souligne également l’héritage durable de son amie et mentore : « L’Union nationale métisse a grandi d’une façon importante pendant qu’elle était présidente. On a commencé à recevoir des fonds opérationnels. Maintenant, on a un directeur général, des employés qui peuvent supporter les bénévoles et continuer cette vision de Paulette. »

Elle rappelle aussi l’importance des initiatives intergénérationnelles lancées sous son leadership, notamment les camps familiaux où « nos aînés sont autour du feu et les plus jeunes nous voient raconter, chanter ».

L’époux de Paulette, Denis Duguay, a livré à La Liberté un témoignage touchant.

« C’est une soirée de famille. Il y a tous les âges, les grands-parents et les jeunes enfants qui s’amusent ensemble. On n’est pas tous parentés, mais on partage la même culture », a-t-il dit.

Pour lui, la soirée reflète fidèlement celle qu’elle était : « Paulette a tout donné, toute sa vie. La soirée, c’est un reflet de ça », résume-t-il avec émotion.