Quelques mois après avoir entamé son premier mandat en tant que conseillère municipale d’Elmwood – Kildonan Est, Emma Durand-Wood est encore en phase d’apprentissage.

La Liberté fait le point avec elle sur son expérience jusqu’à présent et sur ce qu’elle entend de la part de la communauté.

« Comme je m’y attendais, c’est un travail considérable, dit Emma Durand-Wood à propos de son mandat depuis fin octobre 2025.

« Une grande partie de ma plateforme consistait à renforcer la sécurité et à réduire la criminalité en investissant dans la communauté, ajoute-t-elle. Je suis très enthousiaste à l’idée de découvrir ce que différents groupes font pour atteindre cet objectif. »

Elle dit qu’une grande partie de son travail consiste d’aller à la rencontre de toute la communauté et de tous les groupes de sa circonscription tout en apprenant le processus de prise de décisions à la Ville.

Mais cette période lui a également permis de mieux comprendre la question qui semble être sur toutes les lèvres : les problèmes que les résidents constatent dans le système de transport en commun.

« Je suis moi-même une utilisatrice des transports en commun, explique-t-elle. Je ne possède pas de voiture, je dépends donc beaucoup des transports en commun et je rencontre les mêmes difficultés et frustrations que les autres usagers. »

Depuis la refonte du réseau de transport en commun par la ville cet été, qui a radicalement modifié les itinéraires des bus qui traversent la ville, les habitants ont fait part de leurs plaintes.

Selon Emma Durand-Wood, la Ville a répondu aux critiques les plus urgentes : rétablir le service de nuit et élargir l’accès dans certaines zones.

Ces réponses ont principalement consisté à corriger des erreurs de calcul dans les horaires des lignes de bus et des imprévus dans le service, mais elles pourraient ne pas suffire à répondre aux préoccupations des citoyens.

« Pour l’instant, la discussion porte sur la manière dont nous pouvons continuer à réagir aux points sensibles que nous observons. À mon avis, cela ne nous mènera pas très loin. »

« Ce dont nous avons vraiment besoin, c’est d’un financement global plus important pour augmenter la fréquence. Par exemple, la ligne F8, qui dessert Henderson, circule toutes les 10 à 15 minutes en semaine. Le week-end, la fréquence passe à une fois toutes les demi-heures, ce qui est à peine utilisable. »

Le budget 2026

Il est toutefois peu probable que le réseau de transport en commun de Winnipeg bénéficie d’un financement supplémentaire cette année : la Ville a voté son budget annuel en décembre et, malgré une augmentation de 3,5 % des impôts fonciers, peu de changements sont à noter en ce qui concerne les fonds alloués à l’amélioration du service de transport.

En 2025, le budget accordé par la Ville aux transports en commun s’élevait à 124 millions $ ; en 2026, ce chiffre est redescendu à 122,3 millions $.

D’autre part, comme la Ville modernise sa flotte d’autobus, le budget 2026 prévoit 101 millions $ pour l’achat de nouveaux autobus, une augmentation des 42 millions $ attribués en 2025.

« C’est en quelque sorte un budget de statu quo, explique Emma Durand-Wood. Nous arrivons à la fin d’un cycle budgétaire de quatre ans, il n’y a donc pas vraiment eu de grandes surprises. Cela reflète bien le fait que la Ville connaît d’importants problèmes financiers et que les choses deviennent de plus en plus difficiles. »

Une des seules nouveautés de ce budget : la Ville prévoit d’embaucher 40 nouveaux pompiers au cours des quatre prochaines années afin de mieux répondre aux appels d’urgence.

En ce qui concerne le prochain cycle budgétaire, la conseillère municipale estime qu’il s’agit d’un moment charnière pour définir les valeurs et les priorités de la ville.

« Compte tenu du déficit très important de la ville en matière d’infrastructures, je souhaiterais vraiment mettre un terme aux extensions routières inutiles et investir beaucoup plus dans les transports publics. Nous pouvons réduire l’usure de nos routes et, espérons-le, continuer à construire davantage de logements. »

Le logement dans la ville

2025 a également été une année record pour les nouvelles mises en chantier de logements à Winnipeg : la ville a indiqué une augmentation de 12,3 % des mises en chantier, soit près de 5 000 nouveaux projets de construction.

Selon Emma Durand-Wood, cela reflète la décision de la ville de faire du logement une priorité.

« Le Fonds d’accélération du logement fonctionne très bien. Il s’agit d’un fonds qui cherche à investir dans des projets de construction de logements, mais aussi à changer d’approche et de philosophie pour rendre le processus de construction de nouveaux logements aussi rapide et fluide que possible. »

La Ville a également évalué les besoins en matière de logement dans l’ensemble de Winnipeg afin de s’assurer que la demande est correctement satisfaite : par exemple, les familles nouvellement arrivées pour-raient ne pas voir leurs besoins satisfaits si seuls des appartements d’une chambre sont construits.

Emma Durand-Wood dit qu’elle attend aussi avec impatience d’autres projets liés au logement, en particulier ceux qui visent à aider les personnes itinérantes de la ville et à rendre Winnipeg plus sûre.

« Lorsque nous réfléchissons au logement dans la ville, nous ne pouvons pas aborder ce sujet sans parler des personnes itinérantes. »

Elle ajoute qu’elle s’intéresse à une proposition de la conseillère Cindy Gilroy concernant les campements gérés, des zones désignées où les gens peuvent installer des campements et qui disposent également de ressources telles que des toilettes et des travailleurs de soutien sur place.

« Il y a de nouvelles réglementations qui limi-tent les endroits où les campements sont autorisés, par exemple à une certaine distance des écoles et des parcs. Mais nous devons reconnaître que nous ne pouvons pas continuer à expulser les gens de ces lieux. »

« Le campement géré est un concept qui a fait ses preuves dans d’autres villes. Il s’agit toujours d’un espace en plein air, mais il est géré de manière plus active afin d’offrir une expérience plus sûre aux personnes qui n’ont pas encore de logement. »

Initiative de journalisme local.