Nommée au Women in Music Canada 2026 dans la catégorie Excellence en production sonore, la musicienne, réalisatrice et productrice voit son travail salué sur la scène nationale, tout en poursuivant une démarche artistique résolument expérimentale.

Une nomination marquante, qui coïncide avec la présentation de son nouveau spectacle trame, le 25 février au Winnipeg Art Gallery-Qaumajuq (WAG) dans le cadre des mercredis soirs du WAG.

Pour Rayannah, cette nomination représente bien plus qu’un honneur individuel.

« Je suis vraiment ravie d’avoir été nommée dans cette catégorie aux côtés d’autres femmes et de personnes de la diversité du genre qui travaillent dans ce domaine-là », confie-t-elle.

« Pour moi, d’échanger avec ses pairs et d’être solidaire dans notre industrie, c’est vraiment important », souligne-t-elle.

Active comme artiste depuis la fin des années 2000, Rayannah a progressivement multiplié les rôles : compositrice, interprète, réalisatrice, productrice musicale.

Une polyvalence qui est aujourd’hui au cœur de cette reconnaissance.

« Ces dernières années, j’ai autant travaillé en tant qu’artiste à mon nom, qu’en tant que réalisatrice pour d’autres artistes », explique-t-elle.

« Et d’être nommée dans cette catégorie-là pour mon travail en tant que réalisatrice, c’est vraiment un grand honneur pour moi », ajoute Rayannah.

Sa nomination au Women in Music Canada s’ajoute d’ailleurs à une autre dis- tinction récente : Rayannah figure aussi parmi les finalistes dans la catégorie Réalisateur de l’année aux Canadian Folk Music Awards pour sa contribution sur l’album Where Do You Go at Night? de la chanteuse Claire Morrison.

Un enchaînement de reconnaissances qui témoigne de l’impact de son travail, tant dans ses projets personnels que dans ses collaborations.

La réalisation comme espace de confiance

Au cœur de sa pratique, la réalisation musicale occupe une place essentielle. Rayannah y voit un rôle profondément humain, basé sur la confiance et l’écoute.

« Quand quelqu’un t’invite dans un processus aussi intime que la co-création et la réalisation, c’est vraiment un honneur. Être la bergère d’un projet, c’est une grande responsabilité », souligne-t-elle.

Parmi les projets marquants ayant contribué à cette reconnaissance, elle cite notamment la réalisation du premier album de la Franco-Manitobaine Claire Morrison, aujourd’hui établie à Montréal.

« C’était vraiment mon grand projet de réalisation ces dernières années », explique Rayannah, qui a d’ailleurs accompagné l’artiste sur scène lors de son passage au Festival du Voyageur.

Son approche repose sur une adaptation constante à l’univers de chaque artiste.

« Mon travail, c’est vraiment de faire briller ce qui est déjà là. Chaque projet commence avec un état de découverte, où on se demande ce qu’on cherche à faire et quelle vision artistique on veut prendre », résume-t-elle.

Une nomination porteuse de sens

Au-delà de la reconnaissance professionnelle, cette nomination revêt aussi une dimension symbolique.

Rayannah espère qu’elle pourra inspirer d’autres femmes et personnes issues de la diversité de genre à investir les domaines de la production et de la réalisation musicale.

« J’ai été très inspirée par les femmes et les personnes de la diversité du genre qui ont travaillé et lutté pour créer une industrie plus équitable », affirme-t-elle.

« Si je peux faire partie de ça pour quelqu’un d’autre, pour moi, c’est très motivant », confie Rayannah. Installée à Winnipeg, l’artiste souligne également l’importance des réseaux locaux, notamment le Good + Plenty Producer’s Club, qui milite pour une plus grande inclusion dans les studios et les milieux de l’ingénierie sonore.

« Je vois vraiment cette solidarité entre nous. On veut une industrie plus juste », dit-elle.

trame, un spectacle à la croisée du son et de l’image

Cette réflexion sur la création et les espaces de diffusion se prolonge dans son nouveau spectacle trame, présenté le 25 février au WAG.

Pensé spécifiquement pour un musée d’art, le projet s’inscrit à la frontière entre concert et œuvre audiovisuelle.

« Le spectacle rassemble plusieurs œuvres que j’ai créées au fil des années pour des trames sonores et de la conception sonore, c’est un peu un hybride entre le spectacle et la trame », explique Rayannah.

Sur scène, elle sera accompagnée de l’artiste multimédia originaire du Saskatchewan Stéphanie Kuse, qui réalisera des projections en direct.

« On sera ensemble en train de performer. Les projections seront des tableaux mouvants qui se fondent avec la musique », décrit Rayannah.

Ensemble, elles exploreront une forme de performance immersive, où le visuel et le son se construisent simultanément.

Musicalement, trame s’inscrit dans un univers électro-expérimental, fait de textures, de synthétiseurs, de voix et de « noise ».

« Je serai avec un setup électro-analogique live. Il y aura des textures, du « beatmaking », de la voix, des éléments très texturaux qui vont créer un environnement sonore dense », précise l’artiste.

Pour Rayannah, ce spectacle marque le début d’une nouvelle phase créative.

Après la sortie de son premier album en 2019 et plusieurs années de tournée, elle se dit aujourd’hui en pleine exploration.

« Je suis au début d’une nouvelle époque de création avec mon projet. Je sens que je m’en vais dans une direction nouvelle, très texturale, électro-imagée, électro-impressionniste », confie-t-elle.