Le premier ministre canadien, Mark Carney, se rend à partir de jeudi en Asie et en Océanie pour tenter de conclure de nouveaux partenariats commerciaux, afin de continuer à réduire la dépendance de son pays à l’égard des Etats-Unis.
Le Canada, qui est l’une des principales cibles de la guerre commerciale lancée par Donald Trump, est à la recherche de nouveaux marchés pour s’émanciper des Etats-Unis, son premier partenaire commercial loin devant la Chine.
Mark Carney s’envolera jeudi pour l’Inde, première étape d’une tournée qui durera jusqu’au 7 mars et le mènera aussi en Australie et au Japon.
“Dans un monde plus incertain, le Canada se concentre sur ce qu’il peut contrôler”, a-t-il expliqué dans un communiqué. “Nous nouons de nouveaux partenariats à l’étranger afin d’amener plus de certitude, de sécurité et de prospérité au pays.”
Devenu l’une des voix les plus critiques de l’administration Trump, Mark Carney estime que l’ordre mondial dominé par les Etats-Unis est en déclin et ne sera pas restauré même avec le départ du président américain.
Les taxes douanières américaines affectent des secteurs clés de l’économie canadienne, comme l’automobile, l’acier, le bois d’oeuvre ou l’aluminium.
La majorité des échanges reste toutefois exemptée de droits de douane, Donald Trump continuant à respecter une grande partie de l’actuel accord de libre-échange nord-américain.
Mais Mark Carney considère que pour sauvegarder l’avenir économique du Canada, le pays doit absolument diversifier ses échanges commerciaux.
Mi-janvier, il s’était rendu en Chine où il avait scellé, selon ses termes, “un accord commercial préliminaire, mais historique, visant à éliminer les obstacles au commerce et à réduire les droits de douane” avec Pékin.
L’Inde est une autre cible stratégique. Le Premier ministre canadien dit vouloir plus que doubler les échanges bilatéraux, pour les porter à 70 milliards $ américains d’ici 2030.
Mais sa rencontre avec son homologue indien, Narendra Modi, sera particulièrement scrutée, alors qu’ils tenteront de rétablir des liens pratiquement rompus par la crise qui avait déchiré les deux pays en 2023.
Cette année-là, leurs relations s’étaient fortement dégradées après qu’Ottawa avait accusé New Delhi d’avoir orchestré l’assassinat, à Vancouver, d’un séparatiste sikh naturalisé canadien.
L’Inde a toujours catégoriquement nié toute responsabilité.
New Delhi et Ottawa ont commencé à renouer leurs liens en juin à l’occasion du G7 au Canada, auquel le Premier ministre indien avait été invité.
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