La troupe de théâtre de l’Université de Saint-Boniface, les Chiens de soleil, s’apprête à remonter sur scène du 19 au 21 mars 2026 avec une nouvelle création qui promet humour, réflexion et regards croisés sur la vie étudiante.

Untitulée Une symphonie banale, la pièce propose une forme théâtrale originale mêlant extraits d’œuvres classiques et textes écrits par les étudiants eux-mêmes.

À la tête du projet, le chargé de cours et metteur en scène Philippe Habeck explique que la production de cette année marque un virage dans la manière de concevoir le spectacle.

« On a décidé de faire une pièce hybride cette année. Il y a des scènes de pièces déjà écrites, mais aussi des monologues que les étudiants ont composés eux-mêmes », explique-t-il.

Chaque année, le club de théâtre de l’université recommence de zéro.

Les étudiants se réunissent au début de l’année universitaire pour préparer une production présentée au printemps.

Or, créer entièrement une œuvre originale demande souvent plus de temps que le calendrier universitaire ne le permet.

« Une création collective, ça prend beaucoup de temps, parfois jusqu’à cinq ans pour écrire un texte. On n’a pas cinq ans pour écrire », souligne le metteur en scène.

Pour contourner cette contrainte, la troupe a choisi une formule qui combine plusieurs approches. Des extraits de textes classiques (Molière, ou encore Ionesco) viennent ponctuer les monologues des comédiens. Ces derniers servent de fil conducteur au spectacle et plongent le public dans les réalités de la vie universitaire, thème de cette année comme le précise Philippe Habeck.

Ainsi, chaque membre de la troupe a écrit un monologue inspiré de son propre parcours étudiant. Certains évoquent les premières semaines à l’université, d’autres la pression des études ou encore l’incertitude face au marché du travail.

« Ils ont composé des monologues parlant un peu de leur vie à l’université : qu’est-ce que ça veut dire d’être étudiant en première année, en quatrième année, avoir fini un programme et ne pas trouver un emploi, etc », souligne Philippe Habeck.

Au total, huit comédiens participent au spectacle. Les monologues s’entrelacent avec des scènes issues du théâtre classique, créant un rythme rapide et continu.

« Il n’y a pas de noir, il n’y a pas d’arrêt. Ça va vraiment aller sur un spectacle continu », précise le metteur en scène.

La mise en scène mise également sur l’immersion du public. Certaines scènes et monologues se dérouleront directement dans la salle, au milieu des spectateurs, afin de briser la frontière entre la scène et le public.

Cette approche correspond à l’esprit même de la troupe, composée d’étudiants passionnés. Pour Philippe Habeck, c’est justement ce qui fait la richesse du projet.

« Ce sont réellement des jeunes amateurs du théâtre. Ils aiment ça ! », dit-il.

The show must go on!

Monter un spectacle avec des étudiants comporte toutefois son lot de défis. Entre les cours, les travaux et les obligations personnelles, trouver des moments pour répéter peut s’avérer compliqué.

« Le défi, c’est la disponibilité des étudiants. Ils ont des cours, ils ont des projets, et ils débordent avec tout ce qu’ils ont à faire », explique Philippe Habeck.

Malgré ces contraintes, l’équipe a réussi à faire avancer le projet, guidée par une philosophie simple lancée par Philippe Habeck en souriant : « The show must go on! »

La pièce se déroulera en deux actes pour une durée totale d’environ une heure quarante, avec des scènes courtes et dynamiques qui s’enchaînent rapidement. L’objectif est clair : offrir une soirée divertissante tout en donnant la parole aux étudiants.

Au-delà du spectacle, le metteur en scène voit aussi le théâtre comme un outil précieux pour faire vivre la langue française en contexte minoritaire.

« Pour moi, le théâtre a toujours été la meilleure façon d’enseigner le français dans une situation minoritaire », affirme-t-il.

Entre humour, réflexions et expériences personnelles, Une symphonie banale promet ainsi de dresser un portrait à la fois sincère et ludique de la vie étudiante à l’Université de Saint-Boniface, tout en mettant en lumière la créativité de la nouvelle génération de comédiens francophones du Manitoba.

Le spectacle Une symphonie banale sera présenté au grand public le 19, le 20 et le 21 mars à 19h à la salle Martial-Caron de l’Université Saint-Boniface.