Le 30 avril, 12 résidents de Sainte-Anne (1) recevront le Prix du service bénévole du premier ministre Wab Kinew à l’occasion de la 42e édition des Prix du bénévolat organisé par Volunteer Manitoba.

Derrière cette récompense se cachent trois années de service bénévole dévoué à l’héliport de l’Hôpital Sainte-Anne.

En s’occupant de la garde, l’entretien et l’inspection du tarmac chaque jour après 15 h 30 (lorsque le personnel salarié de l’hôpital termine leur journée) pendant les fins de semaine et les jours fériés, les bénévoles de Sainte-Anne assurent que ce dernier soit constamment opérationnel pour recevoir les hélicoptères de la STARS Air Ambulance.

Chapeauté par le Fonds Hôpital Sainte-Anne et son directeur Marc Charrière, le groupe de bénévoles reste aux aguets afin de pouvoir répondre, souvent dans l’urgence, à l’arrivée imprévisible d’un hélicoptère.

Raymond Laflèche est de garde ce jeudi 16 avril jusqu’au lendemain 7 h 30.

« On parle d’environ 114 ou 116 inspections réalisées par des bénévoles. »

Il s’agit notamment de vérifier l’état de la piste ainsi que celui de la manche à air, afin qu’elle soit fonctionnelle et visible.

L’on vérifie aussi que les lumières qui aident à guider les pilotes dans le couloir aérien fonctionnent. Ces dernières se situent sur le toit de l’hôpital, sur la tour de la Caisse ou encore sur le clocher de l’église.

En hiver, il faut se charger de déneiger et dégivrer la piste. Il faut aussi s’assurer qu’aucune pierre, ou morceau de béton ne se trouve sur le tarmac.

Avec la force des hélices, celles-ci peuvent être projetées avec beaucoup de force. D’ailleurs, pour dégivrer, les bénévoles ont recourt à du liquide déglaçant et non pas du sel.

« À chaque fois qu’il y a un atterrissage, il faut tout revoir et être sur place pendant tout le processus. »

Marc Charrière indique que l’héliport de Sainte-Anne voit entre cinq et quinze atterrissages par année.

« Mais c’est imprévisible. Ça arrive que pendant sept mois il n’y en ait pas et parfois ça arrive que l’on en ait deux dans la même journée. »

Inauguré le 19 juin 2019, ce sont les pompiers de la ville qui avaient la responsabilité de s’occuper de la piste avant la mise en place du modèle actuel, débuté en 2023.

« Les pompiers commençaient à être un peu surchargés, explique Marc Charrière. Puis un été la charge d’appels en raison des feux de brousse est devenue trop importante et c’est là que l’on a fait la transition vers un service complètement bénévole. »

L’héliport joue un rôle important dans le transport rapide de patients vers le Centre des sciences de la Santé à Winnipeg. Il permet de faire passer la durée du trajet d’environ 45 minutes à un peu plus d’une dizaine.

Passer par les airs, c’est aussi éviter les aléas du réseau routier comme, au hasard, le passage d’un train.

Pour Marc Charrière, aucun doute, le transport aérien est capital.

« Cette différence peut changer la vie de quelqu’un. Même si ce sont seulement cinq personnes qui l’ont utilisé dans l’année, c’est peut-être un changement de vie pour ces personnes-là qui peuvent avoir plus rapidement les soins dont ils ont besoin. »

Raymond Laflèche, lui, y va d’une anecdote personnelle. Celle d’un homme dont la vie a été sauvée par les équipes de STARS.

« C’est moi qui étais bénévole quand ils l’ont embarqué à bord de l’hélicoptère. »

Ce sont Marc Charrière et son épouse qui ont proposé l’équipe de bénévoles pour qu’elle se voie remettre ce prix.

Une équipe qui se compose en grande partie de personnes à la retraite, toutefois certains exercent toujours une activité professionnelle.

La machine est bien huilée et cette reconnaissance de la part du premier ministre Wab Kinew met du baume au cœur de ces membres engagés de la communauté.

Elle tombe aussi à pic! Alors que l’on apprenait la mise en place d’un groupe de travail chargé d’étudier la désignation régionale de l’Hôpital Sainte-Anne à la fin du mois de mars, Raymond Laflèche et Marc Charrière sont optimistes.

L’établissement du statut d’hôpital régional permettra par exemple à l’Hôpital Sainte-Anne d’assurer une couverture 24/7 et aussi de répondre à la croissance rapide de la population du sud-est manitobain.

Par conséquent, l’établissement aurait le personnel nécessaire pour assurer le travail des bénévoles.

« C’est ça que l’on souhaite, s’ils ont les employés pour, il n’y aurait plus besoin de nous », lance Marc Charrière, avant de provoquer le rire de Raymond Laflèche, « mais on va leur trouver autre chose à faire, je n’ai pas de doute! »

Pourquoi pas le projet d’embellissement du terrain autour de l’hôpital?

(1) Amanda Scott, Chris Coulson, Daniel Bernard, Denise St-Vincent, Joël Dornez, Mike Bernier, Phil Miron, Randy Taman, Raymond LaFlèche, Robert Rivard, Ted Sheppard et Paul de Moissac.

Initiative de journalisme local