Déjà candidat en 2018, Umar Hayat revient dans la course en vue du scrutin du 28 octobre.
Avec la lutte contre l’insécurité comme cheval de bataille, l’agent immobilier entend aussi adresser la crise du logement et la fiscalité municipale.
Umar Hayat n’est pas tout à fait nouveau dans la course à la mairie de Winnipeg. Il avait fait campagne et récolté 2 229 voix, soit un peu plus de 1 % des suffrages, en 2018.
Il revient donc huit ans plus tard en ayant, « appris de ses erreurs », notamment à l’égard du financement apporté à sa campagne de l’époque et avec l’intention de faire entendre ses priorités.
Agent immobilier de métier, Umar Hayat a vécu la majeure partie de sa vie à Winnipeg et pour lui, les enjeux principaux de la capitale manitobaine orbitent autour de la criminalité, de l’itinérance, de la drogue et plus largement du sentiment d’insécurité.
Selon le candidat, ces derniers freinent largement la qualité de vie et poussent les potentiels investisseurs à se détourner de Winnipeg.
« Dans le cadre de mon travail, lorsque je fais venir des investisseurs d’ailleurs dans le monde, ils ont peur d’investir à Winnipeg. Les informations qui circulent à propos de notre ville ne sont pas bonnes concernant la criminalité et l’abus de substance. Et la Ville n’a pas de plan pour faire face à cela. »
Pour inverser la tendance, Umar Hayat a d’ores et déjà l’ébauche d’un plan.
Ce dernier prévoit par exemple la création de 25 postes de police de proximité.
Aussi appelé Police boxes, l’idée est apparue à Tokyo au Japon, dans le cadre d’un programme visant à réduire la criminalité.
Il s’agit de petites stations situées un peu partout dans différent quartiers et permettant aux officiers d’assurer une présence de proximité et d’agir plus rapidement.
« À l’heure actuelle nous avons six grands quartiers et seulement quatre postes de police. Tout le monde doit pouvoir avoir accès à un poste de police », avance Umar Hayat.
Le candidat fait ici référence à son propre découpage de la ville.
Le Service de police de Winnipeg organise pour sa part ses opérations selon quatre districts, tandis que la Ville est découpée en 15 quartiers électoraux.
Le candidat souhaite également faire progresser la représentation autochtone au sein du Service de police de Winnipeg, avec un objectif de 25 %.
« J’aimerais qu’au moins 25 % du recrutement concerne des personnes autochtones. »
Il prévoit également la mise en place de 250 caméras de vidéosurveillance dans les quartiers jugés à risque de la ville ainsi que l’utilisation de drones, toujours à des fins de surveillance.
« Plutôt qu’un hélicoptère qui coûte beaucoup d’argent aux contribuables, pourquoi ne pas se tourner vers la technologie pour réduire la criminalité? »
En parallèle des enjeux de sécurité, Umar Hayat indique également avoir dans l’intention d’offrir une remise de 360 $ sur la taxe foncière, accompagnée d’un gel de cette taxe.
Son expérience en tant qu’homme d’affaires fait partie de son identité politique.
À la question de savoir comment augmenter les budgets de la police tout en réduisant les taxes foncières, Umar Hayat est confiant d’être en mesure d’attirer davantage d’investisseurs et d’entrepreneurs à Winnipeg.
C’est donc à travers la croissance de l’activité économique de la Ville qu’il entend concrétiser les grandes lignes de son projet politique.
Par son activité d’agent immobilier, la question de la crise du logement est un sujet qu’Umar Hayat dit connaître et comprendre.
Il encourage la construction de davantage de logements préfabriqués.
« C’est très économique et parfaitement sûr. Le problème à Winnipeg c’est que nous ne suivons pas les modes internationales. »
Le prix de ces dernières oscille et peut aller de 60 000 $ à 250 000 $ en fonction de la taille, du modèle etc, cela exclut le prix d’achat du terrain.
« Nous avons beaucoup d’espace à Winnipeg, beaucoup de terrain mais nous ne les utilisons pas correctement. »
S’il n’a jamais occupé de poste dans la fonction publique, Umar Hayat considère que son expérience d’homme d’affaires et sa capacité à écouter les gens sont une forme d’expérience pertinente pour le rôle auquel il aspire.


