Avocate nouvellement admise au Barreau du Manitoba, Océane Yao fait partie des jeunes femmes honorées en octobre 2026 par les prix Yes I Can Leadership Awards, présentés par la Nellie McClung Foundation.
Lancé en 2022, ce programme célèbre les jeunes femmes de 16 à 25 ans qui font preuve de leadership au service de leur communauté.
« Franchement, c’est un honneur qui me touche beaucoup », lance Océane Yao, après la remise des prix qui a eu lieu le 4 octobre.
« C’était une belle surprise de recevoir ce prix. Je ne m’implique pas forcément pour recevoir un prix, mais ça me fait chaud au cœur. Et c’est un prix que je partage avec toutes les personnes qui m’ont accompagnée. C’est une belle joie! »
S’impliquer et s’entourer
Et Océane Yao insiste : s’impliquer ou s’engager peut être à la portée de tous, d’où le nom Yes I Can (oui, je le peux en français) de cette récompense.
« À travers ce prix-là, nous pouvons comprendre que chacun peut, à son échelle, à travers ses intérêts, ses talents, apporter des changements positifs dans la communauté. »
Elle s’adresse aussi aux plus jeunes : « En recevant ce prix, nous avons l’honneur d’encourager les autres jeunes filles qui se posent des questions. Il suffit d’effectuer ce premier pas. Elles peuvent entre en contact avec nous ou même d’autres membres de la communauté pour obtenir des mentors, même de façon informelle. »
Elle ajoute : « Il est important d’utiliser sa voix, de prendre sa place. Il faudrait jumeler mots et actions. Et j’aimerais ajouter que pour aller encore plus loin, il faudrait ajouter à cela du mentorat. »
Et de conclure : « Ce prix-là, oui, ça représente une belle reconnaissance de tout le travail accompli. Mais je le vois comme une invitation à encore continuer de marcher sur cette voie. »
La francophonie au cœur de son parcours
« J’ai grandi entre la Côte d’Ivoire et le Canada », rappelle Océane Yao, arrivée à Saint-Claude, au Manitoba, en 2015, avec sa maman. « C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’impliquer dans la communauté francophone. »
Encore élève, elle réalise un reportage pour le programme Jeun’Info de Radio-Canada sur la vie en français en milieu minoritaire.
« La francophonie a toujours une place très spéciale dans mon histoire, dans mon cœur également. »
Cette impulsion la conduit au Conseil jeunesse provincial (CJP), de 2020 à 2022, où elle accompagne de jeunes porteurs de projets communautaires.
« Mon rôle, c’était d’outiller les jeunes. J’étais vraiment là pour les jeunes comme moi. On les aidait du début à la fin », résume-t-elle.
Membre du Groupe Consultatif des jeunes d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada dès 2021, elle porte les enjeux des nouveaux arrivants. « C’était un honneur pour moi de représenter la jeunesse franco-manitobaine et de parler aux décideurs de tous les enjeux qui nous touchaient. »
Elle évoque aussi les sujets liés à la santé mentale ou encore les personnes déplacées de guerre.
Redonner à la communauté
Vice-présidente de l’Association des Étudiants Noirs en Droit à Moncton, elle devient en 2024 la première étudiante de l’Université de Moncton à atteindre la finale du concours national d’éloquence Délie ta Langue.
Après un baccalauréat en sociologie et en espagnol à l’Université de Saint-Boniface, puis un Juris Doctor à l’Université de Moncton, Océane Yao est admise au Barreau du Manitoba en août 2026.
Pourtant, le droit n’a jamais été une fin en soi. « Étudier en droit était un moyen pour moi de m’outiller davantage, afin d’aller plus loin dans les initiatives au sein de la communauté francophone. Et ça reste encore ma motivation première. Ça reste mon objectif et c’est ce que je vis en ce moment. », explique-t-elle.
Aujourd’hui, elle sert la communauté francophone à InfoJustice Manitoba, en droit de la famille et en immigration, auprès des nouveaux arrivants.
« C’est toujours et ça restera un honneur de redonner à cette communauté qui m’a tant apporté », dit-elle.
« La façon de redonner à la communauté n’a pas besoin de ressembler à la mienne. Chacun a ses forces, chacun a ses talents et apporter des changements dont la communauté a besoin », termine-t-elle.

