– “Profond sentiment de perte” –

“On y ressent un profond sentiment de perte qui remonte des profondeurs”, selon le comité Nobel.

Née à Toronto le 21 juin 1950, Anne Carson a été initiée au grec par un professeur de latin qui le lui enseigne pendant la pause déjeuner au lycée. Elle abandonne deux fois l’université avant de valider son doctorat de lettres classiques à Toronto.

À travers la Suède, les bibliothèques et les librairies s’affairent désormais : on se précipite vers les rayons pour ressortir les romans de la lauréate.

L’an dernier, l’auteur hongrois László Krasznahorkai a remporté la prestigieuse récompense, dont le style est difficile et exigeant, pour son oeuvre dystopique et mélancolique.

Longtemps critiquée pour ses choix centrés sur des auteurs occidentaux, l’Académie suédoise, bouleversée par un scandale #MeToo en 2018, a fait peau neuve et plus de la moitié de ses 18 membres ont été remplacés.

Depuis, un lauréat sur deux est une femme.

Elles restent néanmoins encore largement sous-représentées: parmi les 123 lauréats, seules 19 femmes ont obtenu le prix. Et une minorité des auteurs récompensés sont de langues asiatiques ou moyen-orientales.

La saison se poursuit vendredi avec le très attendu Nobel de la paix. Les chances de voir Donald Trump récompensé sont quasi nulles, mais le président américain sera à nouveau dans tous les esprits après la campagne inédite qu’il a menée en faveur de sa candidature l’an dernier.

Cette année encore, le comité se sait observé. Le prix d’économie clôturera les Nobel le 12 octobre.

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