Mais, pour assurer un avenir radieux à ces passeurs de la mémoire franco-manitobaine et métisse, il faut relever un défi financier.

Excursion exceptionnelle, conférences et défi financier, voici ce qui attend la Société historique de Saint-Boniface (SHSB) pour ses 125 ans.

Fondée le 4 septembre 1902 par l’archevêque Adélard Langevin, cette institution garde entre ses murs les archives du patrimoine franco-manitobain et métis de l’Ouest canadien.

Un trésor précieux mis à disposition de la communauté.

Ce rôle de passeur de mémoire, la nouvelle présidente, en poste depuis juin 2026, Michelle Smith le revendique : « Pour moi, la Société historique ça dit qui nous sommes, c’est comme la base de notre communauté. Ça vient confirmer qu’on existe, que nous avons une place ici. »

« Ces institutions fondées par Monseigneur Langevin, comme La Liberté, font partie des bases qui ont supporté la société francophone dans un contexte minoritaire pendant des décennies, rappelle Émilie Pigeon, directrice générale. C’est merveilleux qu’on ait réussi non seulement à préserver ces institutions pour plus de 125 ans, mais à les faire croître au point tel que la SHSB est désormais un incontournable pour tout ce qui a trait aux questions du passé collectif du Manitoba francophone. »

Une mission réussie qui vaut bien une célébration d’anniversaire pour la saison 2027, qui se veut « plus mouvementée » que la saison 2026.

Une programmation exceptionnelle

« Pour mieux se comprendre, afin de mieux se propulser dans les prochains 125 ans », projette Émilie Pigeon, l’entame de cette saison anniversaire sera consacrée à l’histoire de la Société historique de Saint-Boniface.

L’historienne Stéphanie St-Pierre mènera cette introspection le 14 octobre à 17 h dans le salon Empire du Centre du patrimoine. Une conférence suivie d’un vin-fromage.

La saison 2027 débutera par une journée portes ouvertes en janvier, avec des ateliers gratuits sur la technique de recherche en archives et la recherche généalogique.

En mars, le cinéaste américain Brian Hawkins présentera le folklore des créoles français du Missouri à travers son documentaire Toujours Icitte.

En mai 2027, les trouvailles sur l’Asile Ritchot de Saint-Norbert – ayant opéré au début du 20e siècle – seront partagées.

Et, en novembre, des chercheurs seront invités à présenter leurs recherches en lien avec leur fonds d’archives.

L’automne sera aussi consacré à l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba, à travers une exposition pour leurs 140 ans.

« Nos histoires sont étroitement liées », se réjouit la directrice générale.

C’est à l’été que le point d’orgue de cet anniversaire aura lieu, avec une excursion au Fort Saint-Charles.

« Le site de notre genèse », sourit Émilie Pigeon, car c’est lors de sa découverte par l’archevêque Langevin que ce dernier a décidé de fonder la SHSB.

Une journée hors des murs qui révèle un caractère exceptionnel, la dernière excursion ayant eu lieu pour leurs 100 ans.

Une adaptation constante

Reliques disparues dans un incendie en 1922, puis de nouveau avec une grande partie de la collection en 1968. En se tournant vers le passé de l’institution, on ne peut que constater sa force d’adaptation. Désormais, les collections sont numérisées et publiées en ligne.

Un enjeu d’accessibilité, explique Émilie Pigeon : « Aujourd’hui, on met vraiment l’emphase sur la démocratisation de l’accès et des recherches ».

Bientôt, ce sera au tour du fonds d’archives de l’Asile Ritchot d’être disponible sur les moteurs de recherche en qualité optimale.

On évitera ainsi la dégradation des originaux par la manipulation et les numériques pourront être mieux agrandis qu’avec une loupe classique.

Mais avoir des archives de qualité ne suffit pas, encore faut-il qu’elles soient consultées.

Le SHSB souhaite donc se rendre plus attrayant : « S’il y a une chose que l’on veut faire davantage, c’est des conférences, des activités et des sorties », planifie Michelle Smith.

Un plan stratégique mis en place avant sa prise de poste, mais qu’elle souhaite suivre à la lettre.

Le grand défi de cette nouvelle présidence

Membre de la société historique depuis une quarantaine d’années et au conseil d’administration depuis quatre ans, cette « amoureuse de l’histoire » est également une retraitée des assurances et des investissements.

Une maîtrise financière louée par la directrice générale Émilie Pigeon : « Michelle est une femme d’affaires qui a construit ses bases dans le milieu franco-manitobain. […] C’est une grande force. »

De quoi puiser dans son réseau de contacts afin de trouver de nouveaux financements, ce qui n’est pas de trop en ce moment.

Elle reprend : « On sait que le climat politique, le climat financier, n’est pas des plus calmes. Et ce n’est pas facile dans le milieu patrimonial de justifier à nos bailleurs de fonds que nos besoins sont accrus. […] C’est un enjeu qui va nous suivre pour les prochaines années. »

Pour assurer un avenir à la Société historique de Saint-Boniface, elles comptent sur la générosité des Franco-Manitobains.

Une levée de fonds aura lieu à partir du 14 octobre.

L’objectif : augmenter de 250 000 $ leur fonds de dotation qui s’élève actuellement à plus de 2,5 millions $.