Par Hugo BEAUCAMP et Florent ARNOLD
Winnipeg accueillait la réunion des ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux de la Santé. À cette occasion, plusieurs annonces ont été rendues publiques au cours de la semaine.
90 nouveaux médecins, 5 millions de $ à l’intention des enfants autistes ou encore le prolongement d’un financement fédéral.
La Liberté revient sur les grandes annonces en santé de ces derniers jours.
90 nouveaux médecins de famille
« Nous voulons aider davantage de médecins formés à l’étranger à mettre leurs compétences et leur expérience à profit au Canada », a plaidé Marjorie Michel, ministre de la Santé, le 14 octobre 2026.
À ses côtés, lors de la conférence de presse au palais législatif du Manitoba, Uzoma Asagwara, ministre de la Santé, des Aînés et des Soins de longue durée pour la province.
Concrètement, ce seront jusqu’à 6 millions $ en financement fédéral sur trois ans qui seront accordés par le gouvernement du Canada.
En élargissant les possibilités offertes au Manitoba envers les diplômés internationaux en médecine (DIM), ce sont 90 nouveaux médecins de famille supplémentaires qui devraient venir exercer d’ici 2028-2029.
Bonne nouvelle pour la ruralité du Manitoba
Ces 90 médecins formés à l’étranger s’ajouteront aux 370 nouveaux médecins qui se sont installés au Manitoba depuis octobre 2023.
Dans la province, l’accès aux soins n’est pas chose aisée, particulièrement pour les habitants les plus isolés du rural.
« Les municipalités constatent directement les répercussions de l’accès aux soins de santé sur les résidents et sur la vitalité à long terme de nos communautés », affirme Kathy Valentino, présidente de l’Association des municipalités du Manitoba.
Pour Uzoma Asagwara, ce partenariat avec le gouvernement fédéral « renforcera l’accès aux soins dans tout le Manitoba, en particulier dans les communautés rurales et éloignées ».
Cette annonce est dans la lignée du budget fédéral 2025, prévoyant un investissement de 97 millions $ sur cinq ans pour créer un Fonds d’action pour la reconnaissance des titres de compétences étrangers.
Le gouvernement du Canada entend combler ainsi les pénuries de main-d’œuvre des secteurs les plus touchés, dont la construction et la santé.
Toutefois, à la question de savoir si ces 90 nouveaux médecins seront en mesure de fournir des services en français, la personne ministre de la Santé Uzoma Asagwara n’a pas répondu directement.
Iel a cependant assuré que le recrutement de francophones « est certainement l’une de nos priorités. Nous avons pris de nombreuses initiatives en investissant dans la formation de professionnels de santé, à l’Université de Saint-Boniface par exemple. Pour ce qui est des docteurs, nous avons fourni des efforts afin de souligner que le Manitoba était riche de communautés bilingues. On rencontre les communautés francophones, nous savons qu’il y a encore du travail à faire et nous nous attaquons à une problématique qui a été ignorée pendant de nombreuses années. Ce financement fédéral nous permet d’être intentionnel dans notre recrutement. Nous voulons nous assurer que nous répondons aux besoins des francophones. »
5 millions $ pour St. Amand
C’est le premier ministre Wab Kinew qui annonçait officiellement cet investissement provincial qui apparaissait déjà dans le budget de la Province présenté au mois de mars cette année.
5 millions de $ ont donc été octroyés à St. Amand, un organisme à but non lucratif spécialisé dans l’accompagnement des personnes vivant avec l’autisme ou des besoins complexes.
Le budget de St.Amant, pour les services dédiés à l’autisme, est d’environ 13 millions de $ selon son président directeur-général, Ben Adaman.
Un budget auquel s’ajoutent désormais ces 5 millions $ supplémentaires.
« C’est l’investissement le plus important que l’on ait reçu depuis au moins 15 ans », indique-t-il.
« Ce nouvel investissement va permettre d’adresser quelques-uns des grands défis auxquels l’organisme fait face actuellement. »
Le financement servira à agrandir l’équipe de gestion des cas, élargir la gamme de programme d’apprentissage précoce et offrir du soutien consultatif aux enfants d’âge préscolaire.
Certains services verront aussi leurs capacités accrues à l’instar des services consultatifs en autisme pour les écoles et les familles mais aussi les services d’ergothérapie et d’orthophonie en milieu communautaire.
Finalement, « le financement servira à créer des postes permanents au sein de la Gestion des cas, des Services cliniques et des Programmes en autisme. En augmentant et en fidélisant notre personnel, nous pourrons mieux répondre aux importantes listes d’attente et combler davantage de besoins non satisfaits partout dans la province », nous indiquait l’organisme dans un courriel.
La conclusion de la réunion des ministres
C’est un front uni que les différents ministres ont souhaité présenter à la sortie de la réunion des ministres.
Au cœur de la rencontre, la prolongation du financement des soins de santé accordé aux provinces, qui prévoit 1,2 milliard $ pour les services de santé mentale, de lutte contre les dépendances et de soins à domicile.
Uzoma Asagwara a salué la prolongation d’un an de ces fonds maintenant garantie jusqu’au 31 mars 2027.
La personne ministre de la Santé a ensuite insisté sur le consensus des provinces et territoires.
« Nous avons besoin d’engagements à plus long terme, stables et prévisibles de la part du gouvernement fédéral », a déclaré Uzoma Asagwara, en visant les ententes bilatérales et le Transfert canadien en matière de santé.
À défaut d’une grande annonce, l’on apprenait qu’une nouvelle réunion des ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux se tiendra avant la fin de l’année 2026.
Quant à la question de l’accès aux services en français, la ministre Marjorie Michel expliquait que le sujet ne figurait pas sur l’agenda.
Elle assure toutefois avoir visité plusieurs organisations francophones et que la problématique a été abordée directement avec Uzoma Asagwara.
« Je lui ai partagé quelques idées et je ferai le suivi avec iel. Dans les provinces hors Québec et Nouveau-Brunswick, les services en français requièrent une attention particulière et je vous assure que je suis une grande avocate du français. Ces conversations doivent être gardées sur la table et ce sont des conversations que nous avons avec nos homologues. »





