Les candidats aux élections fédérales sont en mode de campagne. Mais quels impacts ces cinq semaines auront-elles sur le plan personnel pour eux?

Jocelyne NICOLAS

Pour les candidats fédéraux dans la circonscription de Saint-Boniface, il reste presque trois semaines de campagne à faire. Encore de nombreux cafés-rencontres et portes à cogner avant de devenir, peut être, membre du parlement. Mais comment ces cinq semaines frénétiques affectent-elles la vie d’un candidat?

L’horaire des candidats varie grandement à Saint-Boniface. Shelly Glover et Raymond Simard se consacrent uniquement aux élections, tandis que Marc Payette travaille à temps plein comme représentant syndical, et Patrice Miniely étudie à temps plein en droit, en plus de mener leur campagne.

« On fait de notre mieux avec le temps qu’on a, admet Marc Payette, candidat du Parti vert. C’est certain que je ne pourrai pas rejoindre autant de résidants que les autres candidats, mais on y consacre tout le temps libre qu’on peut trouver. »

Shelly Glover, candidate conservatrice, continue de récupérer son salaire comme députée fédérale jusqu’aux élections. « Même si le gouvernement ne siège plus, il y a encore beaucoup de travail à faire, explique-t-elle. Je passe mes matinées et une partie de mes soirées avec le travail gouvernemental, et le reste en train de cogner aux portes ou rencontrer les résidants. »

Raymond Simard, candidat libéral, ne gagnera pas sa vie d’ici les élections. « C’est vrai que pendant cinq ou six semaines, le salaire ne rentre pas, révèle-t-il. C’est stressant, non seulement le candidat, mais aussi pour ceux qu’il l’entourent. »

En effet, la vie familiale est surtout touchée par les élections. Patrice Miniely est maman célibataire d’une fille de quatre ans et Marc Payette est papa d’un nouveau-né. « Je suis très chanceuse d’avoir de la famille et des amis qui m’aident à m’occuper de ma fille, dévoile Patrice Miniely, candidate du parti néo-démocrate. Il faut quand même que je sois extrêmement organisée! »

Pour Raymond Simard, la situation est très différente. « Toute ma famille est impliquée dans la campagne, relate-t-il. On se rapproche, car c’est le temps où on se voit le plus souvent. »

Les candidats œuvrent jour et nuit, sept jours par semaine, au besoin. Cet horaire peut avoir des conséquences physiques favorables ou néfastes. Marc Payette admet être épuisé, mais remarque que c’est normal pour un père d’un nouveau-né. Raymond Simard constate qu’avec la marche qu’il fait tous les jours pour cogner sur les portes des résidants, il se met en bonne forme physique.

Une élection peut aussi nuire à son bien-être émotionnel. « Avec l’expérience que j’ai dans l’arène politique, je sais qu’une politicienne se livre aux jugements des résidants et de ses concurrents, dit Patrice Miniely. Il faut être fort, mais sans se renfermer contre les questions légitimes des résidants. C’est un équilibre délicat. »

Shelly Glover, qui est mère de cinq enfants âgés de 18 à 30 ans, s’inquiète pour les émotions de ses enfants plus que pour les siennes. « Je leur ai dit de ne pas lire les nouvelles, dit-elle. Les médias essaient souvent de créer des controverses qui n’existent vraiment pas, mais mes enfants veulent défendre leur mère.

Il est certain que les candidats s’ouvrent à la fatigue à des difficultés financières, et luttent pour passer du temps avec leur famille, mais Shelly Glover estime que c’est pour une bonne cause. « Je n’ai aucun doute que tous les candidats se présentent parce qu’en fin, nous voulons tous aider », conclut-elle.

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