Les 34 députés élus du Parti libéral du Canada (PLC) et les députés déchus à l’élection fédérale du 2 mai dernier se sont réunis le 11 mai pour discuter de l’avenir de leur parti après avoir perdu 43 de ses 77 sièges et avoir été relégué au troisième rang de la politique canadienne.

« Il faut reconstruire de la base, déclarait le candidat déchu d’Honoré-Mercier au Québec, Pablo Rodriguez, dans le journal La Presse. Il y a énormément de questions à se poser sur le parti, sa structure, son positionnement politique, sur tout. »

Le caucus a donc décidé de reporter sa course à la chefferie, qui aurait dû se dérouler au plus tard les 28 et 29 octobre prochains selon la constitution du PLC, afin de se concentrer sur la reconstruc­tion organisationnelle et politique du parti.

« De nombreux membres ont demandé de retarder la course à la direction pour allouer du temps afin de décider de notre avenir en tant que parti et nous concentrer sur un sérieux travail de reconstruc­tion, avant de nous livrer à nos choix pour la direction du parti », explique le secrétaire national des adhésions du PLC, Robert Hamish Jamieson.

Le caucus propose donc d’élire un chef intérimaire d’ici le 30 mai, mais de reporter l’élection du chef au prochain Congrès libéral à la mi-janvier 2012. Un congrès extraordinaire aura lieu le 18 juin, par téléconférence, pour confirmer ces dates par vote.

Les membres du caucus ont par ailleurs débattu des modalités de candidature à la chefferie intérimaire. Il ressort du débat que le chef intérimaire devra être bilingue, ne pourra pas ensuite se présenter comme chef du parti, et ne devra pas discuter de modification fondamentale de la nature et de la structure du parti, comme une fusion avec le Nouveau Parti démocratique (NPD). (1)

Au moment d’écrire ces lignes, seul le député de Westmount-Ville-Marie au Québec, Marc Garneau, avait exprimé son intérêt à devenir le chef intérimaire du PLC.

Quelle reconstruction?

Après l’importante défaite du PLC le 2 mai, qui a perdu plus de la moitié de ses sièges à la Chambre des Communes, le politologue franco-manitobain, Raymond Hébert, se demande comment l’ancien parti au pouvoir pourra se relever sans éclater.

« Dans le PLC, il y a une aile progressiste et une aile capitaliste, explique-t-il. Les deux ailes sont en compromis constant. C’est dangereux car en temps de crise, les progressistes pourraient vouloir se rapprocher du NPD malgré les différences de culture politique, alors que les capitalistes pourraient vouloir se rallier aux Conservateurs. »

Il assure cependant que « le PLC a une très longue tradition, donc il ne tombera certainement pas tout de suite. Sa possible réinvention dépendra de son nouveau chef et de son nouveau programme, et de la dynamique à l’intérieur du parti, de son unité. Ça pourrait prendre des années ».

L’analyste politique, Michel Lagacé, rappelle pour sa part que « quand les Conservateurs ont pris le pouvoir en 1984, le PLC a chuté à 40 sièges et il a pu se rebâtir. C’est donc un grand défi, mais ce n’est pas impossible », conclut-il.

(1) Au moment d’écrire ces lignes, ces règles de sélection n’avaient pas encore été officiellement adoptées par le caucus du PLC car elles ne faisaient pas l’unanimité.

Camille SÉGUY

 

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