Communauté frontalière en croissance économique, Emerson se voit contrainte à fusionner avec une des deux municipalités avoisinantes. Son maire, Wayne Arseny, questionne l’urgence d’une amalgamation.

 

Wayne Arseny
Wayne Arseny : « S’il faut s’amalgamer, ne pourrions-nous pas d’abord poser la question à nos résidants, par la voie d’un référendum? »

Lorsque la Province a déclaré, le 30 janvier dernier, son intention d’obliger les municipalités rurales ayant moins de 1 000 résidants à fusionner avec les municipalités avoisinantes, le maire d’Emerson, Wayne Arseny, s’est trouvé confronté à « un dilemme sans issues faciles ».

Le village, jusqu’alors indépendant des municipalités rurales de Montcalm et de Franklin, devait choisir de s’amalgamer avec l’une ou l’autre de ces entités. Or, selon Wayne Arseny, le choix est loin d’être facile.

« Aucune des deux municipalités ont des communautés de notre taille, souligne-t-il. En effet, la Municipalité rurale de Montcalm compte 300 habitants de moins qu’Emerson. Nous nous demandons s’il est vraiment nécessaire de fusionner, étant donné que nous avons un poste de la Gendarmerie royale du Canada, un centre de soins de santé et la seule piscine municipale dans la région. »

Plus important encore, Emerson est le cinquième point de passage frontalier le plus achalandé au Canada.

« C’est un élément unique à notre communauté qui est davantage prometteur qu’il ne l’était auparavant, puisque 10 millions $ ont été consacrés au réaménagement des voies routières de la douane, précise Wayne Arseny. Une fois que ces travaux seront terminés, les commerces propres à une communauté frontalière vont foisonner. Emerson pourra installer un nouveau poste d’essence, un café-restaurant de style Tim Horton’s et d’autres choses encore. C’est vers Emerson que plusieurs résidants de Montcalm et de Franklin vont converger pour obtenir des emplois, entre autres les personnes bilingues.

« À moins qu’Emerson puisse former son propre district local urbain au sein d’une des municipalités rurales, nous ne voyons aucun besoin de fusionner, poursuit-il. Chose certaine, nous ne pourrons pas honorer la date d’échéance pour fusionner de 2014 exigée présentement par la Province. »

Le conseil municipal d’Emerson a déjà discuté de sa situation avec le ministre des Administrations locales, Ron Lemieux, ainsi que le premier ministre, Greg Selinger. « Je ne crois pas que Ron Lemieux comprenne vraiment notre situation », déclare Wayne Arseny.

Pour sa part, le préfet de la Municipalité rurale de Montcalm, Roger Vermette, estime que la communauté d’Emerson serait bien accueillie si elle venait à fusionner avec sa municipalité.
« Nous leur avons lancé l’invitation, souligne-t-il. Je crois qu’il y aurait lieu de discuter avec son conseil pour nous assurer que leurs besoins soient respectés. Or, jusqu’à présent, nous n’avons obtenu aucune réponse. »

« Ce n’est certainement pas pour être rancunier que nous n’avons toujours pas répondu à cet appel, déclare Wayne Arseny. De plus, nous respectons les besoins des communautés bilingues de Montcalm. De par le fait même que la douane est chez nous, le bilinguisme serait une valeur ajoutée chez nous.

« Ce que nous reprochons à la Province, c’est l’obligation de faire fusionner toutes les municipalités ayant le même nombre de résidents, conclut-il. La population n’est qu’un facteur parmi tant d’autres, et personne n’apprécie être contraint à entreprendre un changement d’envergure sans consultation. S’il faut amalgamer, ne pourrions-nous pas d’abord poser la question à nos résidants, par la voie d’un référendum? »

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