Les augmentations de tarifs annoncées par Postes Canada pour la distribution du courrier des catégories Poste-publication et Médiaposte sans adresse inquiètent les éditeurs de journaux qui font appel à ces services pour rejoindre leurs abonnés.

Postes Canada
Les petits journaux seront les plus frappés économiquement par la nouvelle hausse des tarifs de Postes Canada.

En dévoilant ses nouvelles grilles tarifaires en août dernier, Postes Canada a du même coup initié une prise de conscience chez les éditeurs quant au coût de distribution qui augmente d’année en année. « Ce n’est pas tellement l’augmentation ponctuelle qui nous inquiète, c’est plus le cumulatif des hausses. Ce sont des tarifs que Postes Canada augmente chaque année », souligne le directeur général de Newspapers Canada, John Hinds.

Comparativement au montant déboursé en 2013 par les éditeurs de journaux, en 2014 il en coûtera 9,4 % de plus que l’année précédente pour l’envoi postal. Des 1 000 journaux membres que regroupe Newspapers Canada, 433 d’entre eux sont distribués par Poste-publication tandis que 89 autres sont envoyés par la Médiaposte sans adresse.

« Le problème c’est que Postes Canada protège ceux qui font de gros envois au détriment des plus petits. Nous ne sommes pas considérés comme un client important pour eux, indique-t-il. Plus les journaux sont petits, plus durement ils seront touchés.

« On pourrait penser que les envois plus lourds subiraient la plus grande augmentation, mais ce n’est pas le cas. Pour un envoi de 500 grammes, l’augmentation se chiffre à 3,5 % alors que pour un envoi de 100 grammes, on parle d’une hausse de 9,4 % », ajoute John Hinds. Selon les statistiques de Newspapers Canada, la majorité des journaux commu­nautaires ont un poids qui se situe entre 25 et 100 grammes.

Selon le directeur général de Newspapers Canada, la partie n’est pas encore perdue puisque le contexte serait favorable à une réforme des services et des tarifs de Postes Canada. « Nous n’avons pas eu beaucoup de chances dans le passé, mais là l’espoir est permis » indique-t-il. Cette possibilité prend entre autres racine dans le rapport TheFuture of Postal Service in Canada publié par le Conference Board du Canada en avril dernier. Les changements à apporter au sein de l’entreprise de la Couronne afin que cette institution réponde mieux aux besoins des Canadiens ayant déjà été portés à l’attention du gouvernement par cette étude, John Hinds compte profiter de ces circonstances pour faire bouger les choses en ce qui concerne les tarifs.

Celui-ci a bon espoir de convaincre l’entreprise de distri­bution du courrier de réviser ses augmentations avant l’entrée en vigueur de celles-ci, le 13 janvier 2014. « Nous avons déjà rencontré Postes Canada pour leur faire part de nos préoccupations. On attend qu’ils nous reviennent. »

Exemples

Pour un journal comme Le Voyageur à Sudbury, qui a un tirage de 9 000 exemplaires, c’est entre 20 et 25 % du budget annuel de l’entreprise qui est consacré aux coûts de distribution du journal via Postes Canada. « En règle générale, il est question d’environ 200 000 $ par année pour cette dépense. Avec les hausses de tarifs annoncées par Postes Canada, la somme grimperait à 230 000 $, explique le directeur du marketing du Voyageur, Yves Nadeau. C’est l’un des principaux coûts pour un journal comme le nôtre. »

Autre exemple : pour le journal franco-manitobain La Liberté, les hausses de tarifs se traduiraient par une augmentation des dépenses s’élevant à 11 630 $.

D’ailleurs, l’annonce de ces augmentations pousse certains journaux, comme Le Voyageur, à réviser sa stratégie de distribution pour réduire la quantité de journaux livrés par la poste afin de diminuer les coûts qui y sont associés.

Malgré des appels répétés, à l’heure d’écrire ces lignes, Postes Canada n’avait pas encore répondu.

 

Par Pascale CASTONGUAY

 

1 COMMENTAIRE

  1. La fragilité économique des journaux francophones à faible tirage; leur éloignement et éparpillement géographique qui font exploser les coûts de distribution; la hausse croissante du web comme principal moyen d’informatisation jumelés à l’insensibilité des entreprises de distribution à l’endroit des petits journaux communautaires forcera les journaux francophones et communautaires à réduire considérablement et même à éliminer d’ici les 20 prochaines années leurs journaux version papier par des journaux exclusivement électronique.

    Dans les dernières années, les nouveaux journaux et magazines francophones créés en milieux minoritaires ne furent pratiquement que des journaux et magazines électroniques.

    Avec la crise économique et l’évolution du monde médiatique vers l’internet : les journaux et magazines papiers ne sont plus rentables et seront voués à une disparition certaine dans les prochaines décennies…

    Emmanuel Denis, Montréal

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