La Liberté ÉDITO

Par Jean-Pierre Dubé

@jeanpierre_dube

La Liberté du 11 septembre 2013

L’accueil de Barack Obama par Vladimir Poutine au Sommet du G20 a généré la vidéo de la semaine. Il ne faisait pas froid à Saint-Pétersbourg, mais un souffle glacial a tout à coup déferlé sur le continent. Il n’y a pas de chimie entre les deux hommes.

Nonobstant les armes chimiques, ce commerce n’est-il pas illégal? L’ONU ne peut-elle pas sanctionner les deux grandes puissances? Si elle est prise en otage par le véto de chacun, comment éviter que l’armement ne dégénère en conflit régional? À tous les égards, la crise syrienne demeure scandaleuse.

Au pays, la photo de la semaine incombe au maire de Gatineau soudainement réveillé par le scandale de révélations sur la collusion entre quatre firmes d’ingénieurs pour l’obtention de contrats municipaux. Marc Bruneau a ensuite été soulagé par l’idée fugace que l’argent des contribuables n’avait peut-être pas été gaspillé. On verra bien.

La collusion semble généralisée. La Commission Charbonneau sur la corruption dans la construction à Montréal a aussi éclaboussé l’administration du maire Régis Labeaume de Québec. Ce genre de téléréalité mérite une plus grande diffusion : quelle sera la prochaine administration à nous surprendre?

Pourquoi pas Winnipeg, où les gouvernements s’enfargent dans leurs propres procédures. Le premier ministre Greg Selinger a hâte aux vacances après avoir perdu une bataille rangée menée par l’Opposition de Brian Pallister sur une hausse sans consultation de la taxe de vente. Le maire Sam Katz revient de vacances malgré sa crainte que le ciel lui tombe sur la tête cet automne.

Deux audits externes sont attendus à l’Hôtel de ville avec l’arrivée des feuilles mortes. L’un est une autopsie de l’échange suspect d’édifices destinés aux services d’incendies et paramédicaux. L’autre consiste en une large révision des pratiques de gestion immobilière de Winnipeg. Il risque d’y avoir des conséquences politiques pour ce maire aux intérêts multiples.

Et les autres municipalités? On sait que la Province a commencé à reculer, après avoir lancé en 2012 un processus de fusion des petites administrations. Le projet de loi 33 du ministre Ron Lemieux cherchait à rationaliser les dépenses. Puis devant la levée de boucliers, il a craché le morceau en affirmant que certaines entités sont dysfonctionnelles. Et la collusion?

Quand on ouvre les yeux au Manitoba profond, on peut être témoin de conflits d’intérêt, de trafic d’influences et de pratiques d’intimidation. Ce sont souvent des questions de planification du territoire, aux moments où les valeurs immobilières augmentent. Dans les petites localités – les bilingues aussi – on fait semblant de n’avoir rien vu. Et la grosseur des autres n’est pas un gage de vertu, même si les normes provinciales ont été resserrées.

Il reste que la démarche provinciale a attiré l’attention sur des enjeux systémiques et engagé un échange foncier sur la saine gestion, le rôle des partenariats régionaux et celui de la Province. Peu importe comment se terminera cette initiative, elle donne un avertissement aux élus et officiers qui ont l’occasion de profiter.

Le débat sur les fusions a aussi fourni au citoyen la possibilité de s’informer et de se faire entendre. C’est un antidote à l’impuissance que l’on peut ressentir face aux combats de coqs dans les grandes capitales.

 

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