Michel Forest avec son nouveau livre.
Michel Forest avec son nouveau livre.

Avec son nouveau livre, Michel Forest nous fait plonger au cœur de ses souvenirs et de son intimité. À travers son nouvel ouvrage Visions of Gimli & Scenes from the South, il nous offre ainsi un portrait aux multiples facettes, des États-Unis, de la région d’Entre-les-lacs et de lui-même.

Michel Forest est d’une nature touche-à-tout, aucun doute là-dessus. Son regard qui scrute tout ce qui l’entoure, sa soif de tout voir et tout savoir, son esprit qui fourmille, tout cela est visible à l’intérieur de Visions of Gimli & Scenes from the South. Un livre posé comme une apologie du moment présent, des grands espaces et du voyage. Un roman éclaté aussi, d’un homme pris entre différents univers, entre différentes expériences, et refusant de les démêler les unes des autres.

Publié au début de l’été par Nine Mile Road Books, et disponible à la librairie Mc Nally Robinson au centre commercial Grant Park, l’ouvrage est une juxtaposition volontairement décousue de différentes périodes de vie. Il se divise ainsi en trois blocs inégaux : des réflexions autour de Gimli, quelques poèmes en écho aux paysages de la région d’Entre-les-lacs et une série d’essais littéraires écrite au cours d’un voyage dans le Sud des États-Unis. « Je n’aurais pas pu incorporer un texte sans les autres, confie Michel Forest. Tout ça fait partie de moi, je ne peux pas me détacher d’un bout sans altérer le tout. »

Dessiner le Sud

Cet ouvrage quasi autobiographique se veut donc autant un exercice de style, qu’un aperçu instructif de milieux méconnus. La seconde partie de l’ouvrage, qui consiste en une série d’essais littéraires rédigée au cours de 15 années passées par Michel Forest à traverser l’Amérique du Sud, est révélatrice de cette singularité.

« J’ai traversé plus d’une douzaine d’États au cours de cette période, raconte Michel Forest. J’ai été profondément marqué par les blue highways, ces chemins de campagnes qui recèlent de trésors, de légendes locales et d’histoires des mœurs. » C’est en effet en se baladant au hasard des rencontres qu’il a pu croiser bon nombre de résidants locaux et commencer à comprendre le vieux sud. « Là-bas, il y a beaucoup de sites historiques liés à la guerre civile du début du XIXe, se souvient-il. Les populations du sud ont longtemps été rancunières par rapport à la défaite qu’elles avaient subie. Aujourd’hui les mentalités ont évolué, contrairement à ce qu’on peut croire. La Lost cause qui était une idéologie nationale est devenue de la culture populaire. Elle est très présente dans le folklore de là-bas. Les musiques, notamment, présentent les séquelles de ces conflits. »

Pensées lacunaires

En première partie, en revanche, les États-Unis sont absents et c’est le paysage d’Entre-les-lacs qui vient noircir les pages. Dans un genre tout à fait différent. C’est en effet en 2006 que Michel Forest a choisi de s’installer à Gimli, appelé par « un besoin inexplicable d’être près de l’eau ». À travers ces lignes, c’est un homme très différent qui se révèle au lecteur, moins aventureux et davantage observateur. C’est en effet derrière les pas de Jack Kerouac qu’il se lance, comme il l’avoue modestement dans l’avant-propos de l’ouvrage. Comme cet écrivain breton, il privilégie la prose spontanée, le style libre, rapide, parfois confus. La ponctuation se fait rare, certains adjectifs sont posés directement les uns après les autres, tout contribue à créer un texte qui court, comme le fil de la pensée de l’auteur. Une pensée d’artiste aussi, car ce chapitre consiste bien à raconter ce que l’œil voit et les images que l’esprit y associe. Et ces images que convoque Michel Forest tendent à un unique but : toucher le présent et pointer du doigt l’éphémère. « Le chapitre commence avec le fait que Gimli me fait penser aux villages canadiens des pêcheurs en Gaspésie, explique l’écrivain. Le portrait que je dresse de la région n’est donc pas la réalité. Il évoque certains endroits qui n’existent plus. Parce que ce qui nous entoure porte les traces de ce qui a disparu et nous rappelle ainsi que tout est éphémère.

« C’est pour cette raison qu’à mes yeux il ne faut pas prendre la vie trop au sérieux, conclut-il. Il faut simplement vivre pour maintenant, vivre le présent. »

Chloé LE MAO

1 COMMENTAIRE

  1. ” Temporalité égarée ” Le titre en lui-même n’est-il pas tout un programme ?
    Je serais heureuse de retrouver le Michel Forest , coordinateur de film pendant des vacances en Amérique du Sud ,( dans les années 74 / 75 ,,,,,,,??? , , , il y a fort longtemps déjà ! notamment dans “les mines de Potosi ” Bolivie . Est-ce toi d’après la photo ? Si oui : ce serait intéressant de connaitre quels furent nos chemins parcourus depuis tout ce temps . Peut-être que ce serait un sacré hasard ? mais existe-t-il ? l’avenir me le dira ,,,,,,,,,,,,,,

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